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Prince cherche jeune cavalier pour échecs et plus si affinités ! pour les petits

Sous la peau d’un homme, de Praline Gay-Para et Aurélia Fronty

Didier jeunesse, 2007, 36 p., 14 €.

mercredi 6 octobre 2010, par Lionel Labosse

Un beau conte illustré fort simple dans son propos : démontrer que les filles sont bien plus intelligentes que les garçons, mais aussi titiller l’orientation sexuelle. On est un peu déçu que cet album publié en 2007 ne profite pas de l’occasion pour tirer davantage ce conte traditionnel du côté du trouble dans le genre.

« Les doigts d’une main ne sont pas semblables. Ainsi en est-il des enfants d’une même famille ». Ainsi commence ce conte librement inspiré de « Tête de veau », un conte extrait de l’ouvrage Paraboles et contes d’Afrique du Nord de Jeanne Scelles-Millie. Deux frères ont l’un sept garçons, l’autre sept filles. C’est l’aîné, le plus riche, qui a les garçons. Quand il croise son cadet, il le salue avec dédain : « Bonjour, père des sept misères ! ». Quand elle a 20 ans, l’aînée des sept filles défie l’oncle indélicat, en proposant que l’aîné des cousins et elle-même parcourent le monde pendant un an et en tirent le meilleur profit. Berner ce garçon particulièrement idiot est l’affaire de quelques heures, et la jeune fille se rend, travestie en cavalier, auprès d’un prince illustre qui se vante de mépriser les filles : « Elles sont inutiles. La meilleure d’entre elles est sotte. Jamais je ne vivrai avec une femme ». Le cavalier séduit bientôt le prince par son intelligence et son talent aux échecs. Un jour cependant, le prince est troublé par le parfum du cavalier : « il me bouleverse comme seule une femme peut le faire ». Le prince demande à son conseiller de « savoir si c’est un homme ou une femme ». Malgré le ridicule des conseils, le cavalier réussit les tests à trois reprises. Ces tests portent sur la délicatesse, la peur du sang, l’absence de cruauté, censées être des vertus féminines. Le prince est à chaque fois « soulagé » d’apprendre qu’il s’agit bien d’un homme. C’est tout le symbole de ce jeu d’échecs en quoi consiste la séduction. La jeune fille a gagné son pari, et rentre chez son père et son oncle. Le prince comprend ce qui s’est passé, et se précipite demander en mariage la jeune fille ci-devant cavalier.

Sous la peau d’un homme est un conte fort simple, sur une trame anti-sexiste qui y va à la truelle pour démontrer que les femmes sont finaudes alors que les garçons sont bien bêtes. Les illustrations sont de fort belles peintures, qui culminent avec l’image finale d’un pont rétabli entre cet homme et cette femme que tout opposait. On est un peu déçu quand même que cet album publié en 2007 ne pousse pas un peu plus ce conte traditionnel du côté du trouble dans le genre. Faisons confiance aux jeunes lecteurs pour comprendre que, finalement, ce prince misogyne a épousé l’homme qu’il aimait !

- Voir le site de l’auteure Praline Gay-Para.
- Lire, sur « Culture et Débats » le point de vue de Jean-Yves.

Lionel Labosse


Voir en ligne : Le site de l’illustratrice Aurélia Fronty


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