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Modèle oublié du mode d’emploi contre les fake news
« AGNUS SCYTHICUS », de Denis Diderot
Cours de Culture Générale & Expression en BTS sur les médias
samedi 13 décembre 2025, par
Cet article constitue une excroissance d’un cours de Culture Générale & Expression en BTS sur le thème « Les Animaux fantastiques », cours dans lequel je m’empare d’un cas particulier pour en tirer, à la façon de Diderot, une leçon sur les mensonges des médias dits « sérieux ». J’ai l’intention de le proposer à l’avenir aux étudiants de 1re année, pour contrebalancer la propagande éhontée qu’ils subissent à longueur de temps. Cela fait plus d’une dizaine d’années que j’ai étudié cet article, et je l’ai fréquemment cité, mais sans lui consacrer un article à part entière. C’est fait. Je lance ma petite pierre contre le mur cyclopéen des mensonges, sans illusion. Rappelons en prologue la citation attribuée à Alexandre Soljenitsyne : « Nous savons qu’ils mentent, ils savent qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent, néanmoins ils continuent de mentir. »
L’« agnus scythicus » est une plante dont on disait qu’elle broutait… Sans l’avoir jamais vue, plusieurs savants avaient vanté ses propriétés prodigieuses. Cet article attribué à Denis Diderot opportunément publié dans le 1er volume de l’Encyclopédie, dont il constitue une sorte de mode d’emploi, est un exemple représentatif de la méthode de détournement employée par les encyclopédistes. Cette plante-animal imaginaire devient ainsi le prétexte d’une dénonciation des jugements sans preuve, des préjugés, de la crédulité. Parallèlement, se mettent en place les étapes d’un raisonnement qui relève de l’esprit d’examen caractéristique des Lumières. Sur le plan purement narratif, cet animal imaginaire est à rapprocher des arbres qui marchent dans le mythe d’Orphée vu par Ovide, et de la plante carnivore de La Petite boutique des horreurs (1960 et 1982), plante carnivore qui explore la limite plante-animal.
Attention, le texte est assez long. Je l’ai illustré par deux gravures d’époque, et il est suivi de questions, auxquelles je fournis des propositions de réponses, avec un cours sur les médias.
AGNUS SCYTHICUS. (Hist. nat. bot.) Kircher [1] est le premier qui ait parlé de cette plante. Je vais d’abord rapporter ce qu’a dit Scaliger pour faire connaître ce que c’est que l’agnus scythicus, puis Kempfer [2] & le savant Hans Sloane [3] nous apprendront ce qu’il en faut penser. « Rien, dit Jules César Scaliger [4] n’est comparable à l’admirable arbrisseau de Scythie. Il croît principalement dans le Zaccolham [5], aussi célèbre par son antiquité que par le courage de ses habitants. L’on sème dans cette contrée une graine presque semblable à celle du melon, excepté qu’elle est moins oblongue. Cette graine produit une plante d’environ trois pieds de haut, qu’on appelle boramets, ou agneau, parce qu’elle ressemble parfaitement à cet animal par les pieds, les ongles, les oreilles & la tête ; il ne lui manque que les cornes, à la place desquelles elle a une touffe de poils. Elle est couverte d’une peau légère dont les habitants font des bonnets. On dit que sa pulpe ressemble à la chair de l’écrevisse de mer, qu’il en sort du sang quand on y fait une incision, & qu’elle est d’un goût extrêmement doux. La racine de la plante s’étend fort loin dans la terre : ce qui ajoute au prodige, c’est qu’elle tire sa nourriture des arbrisseaux circonvoisins, & qu’elle périt lorsqu’ils meurent ou qu’on vient à les arracher. Le hasard n’a point de part à cet accident : on lui a causé la mort toutes les fois qu’on l’a privée de la nourriture qu’elle tire des plantes voisines. Autre merveille, c’est que les loups sont les seuls animaux carnassiers qui en soient avides. (Cela ne pouvait manquer d’être.) On voit par la suite que Scaliger n’ignorait sur cette plante que la manière dont les pieds étaient produits & sortaient du tronc. »
Voilà l’histoire de l’agnus scythicus, ou de la plante merveilleuse de Scaliger, de Kircher, de Sigismond, d’Hesberetain, d’Hayton Arménien, de Surius, du chancelier Bacon, (du chancelier Bacon, notez bien ce témoignage), de Fortunius Licetus, d’André Lebarrus, d’Eusèbe de Nuremberg, d’Adam Olearius, d’Olaus Vormius, & d’une infinité d’autres Botanistes.
Serait-il bien possible qu’après tant d’autorités qui attestent l’existence de l’agneau de Scythie, après le détail de Scaliger, à qui il ne restait plus qu’à savoir comment les pieds se formaient, l’agneau de Scythie fût une fable ? Que croire en histoire naturelle, si cela est ?
Kempfer, qui n’était pas moins versé dans l’histoire naturelle que dans la médecine, s’est donné tous les soins possibles pour trouver cet agneau dans la Tartarie, sans avoir pu y réussir. « On ne connaît ici, dit cet Auteur, ni chez le menu peuple ni chez les Botanistes, aucun zoophyte qui broute ; & je n’ai retiré de mes recherches que la honte d’avoir été trop crédule. » Il ajoute que ce qui a donné lieu à ce conte, dont il s’est laissé bercer comme tant d’autres, c’est l’usage que l’on fait en Tartarie de la peau de certains agneaux dont on prévient la naissance, & dont on tue la mère avant qu’elle les mette bas, afin d’avoir leur laine plus fine. On borde avec ces peaux d’agneaux des manteaux, des robes & des turbans. Les voyageurs, ou trompés sur la nature de ces peaux par ignorance de la langue du pays, ou par quelque autre cause, en ont ensuite imposé à leurs compatriotes, en leur donnant pour la peau d’une plante la peau d’un animal [6].
M. Hans Sloane dit que l’agnus scythicus est une racine longue de plus d’un pied, qui a des tubérosités [7], des extrémités desquelles sortent quelques tiges longues d’environ trois à quatre pouces, & assez semblables à celles de la fougère, & qu’une grande partie de sa surface est couverte d’un duvet noir jaunâtre, aussi luisant que la soie, long d’un quart de pouce, & qu’on emploie pour le crachement de sang. Il ajoute qu’on trouve à la Jamaïque plusieurs plantes de fougère qui deviennent aussi grosses qu’un arbre, & qui sont couvertes d’une espèce de duvet pareil à celui qu’on remarque sur nos plantes capillaires ; & qu’au reste il semble qu’on ait employé l’art pour leur donner la figure d’un agneau, car les racines ressemblent au corps, & les tiges aux jambes de cet animal.
Voilà donc tout le merveilleux de l’agneau de Scythie réduit à rien, ou du moins à fort peu de chose, à une racine velue, à laquelle on donne la figure, ou à peu près, d’un agneau en la contournant.
Cet article nous fournira des réflexions plus utiles contre la superstition & le préjugé, que le duvet de l’agneau de Scythie contre le crachement de sang. Kircher, & avant Kircher, Jules César Scaliger écrivent une fable merveilleuse ; & ils l’écrivent avec ce ton de gravité & de persuasion qui ne manque jamais d’en imposer. Ce sont des gens dont les lumières & la probité ne sont pas suspectes : tout dépose en leur faveur : ils sont crus ; & par qui ? par les premiers génies de leur temps ; & voilà tout d’un coup une nuée de témoignages plus puissants que le leur qui le fortifient, & qui forment pour ceux qui viendront un poids d’autorité auquel ils n’auront ni la force ni le courage de résister, & l’agneau de Scythie passera pour un être réel.
Il faut distinguer les faits en deux classes : en faits simples & ordinaires & en faits extraordinaires & prodigieux. Les témoignages de quelques personnes instruites & véridiques, suffisent pour les faits simples ; les autres demandent, pour l’homme qui pense, des autorités plus fortes. Il faut en général que les autorités soient en raison inverse de la vraisemblance des faits ; c’est-à-dire, d’autant plus nombreuses & plus grandes, que la vraisemblance est moindre.
Il faut subdiviser les faits, tant simples qu’extraordinaires, en transitoires & permanents. Les transitoires, ce sont ceux qui n’ont existé que l’instant de leur durée ; les permanents, ce sont ceux qui existent toujours, & dont on peut s’assurer en tout temps. On voit que ces derniers sont moins difficiles à croire que les premiers, & que la facilité que chacun a de s’assurer de la vérité ou de la fausseté des témoignages doit rendre les témoins circonspects & disposer les autres hommes à les croire.
Il faut distribuer les faits transitoires en faits qui se sont passés dans un siècle éclairé, & en faits qui se sont passés dans des temps de ténèbres & d’ignorance ; & les faits permanents, en faits permanents dans un lieu accessible ou dans un lieu inaccessible.
Il faut considérer les témoignages en eux-mêmes, puis les comparer entre eux : les considérer en eux-mêmes, pour voir s’ils n’impliquent aucune contradiction, & s’ils sont de gens éclairés & instruits ; les comparer entre eux, pour découvrir s’ils ne sont point calqués les uns sur les autres, & si toute cette foule d’autorités de Kircher, de Scaliger, de Bacon, de Libarius, de Licetus, d’Eusèbe, etc. ne se réduirait pas par hasard à rien, ou à l’autorité d’un seul homme.
Il faut considérer si les témoins sont oculaires ou non ; ce qu’ils ont risqué pour se faire croire ; quelle crainte ou quelles espérances ils avaient en annonçant aux autres des faits dont ils se disaient témoins oculaires : s’ils avaient exposé leur vie pour soutenir leur déposition, il faut convenir qu’elle acquerrait une grande force ; que serait-ce donc s’ils l’avaient sacrifiée & perdue ?
Il ne faut pas non plus confondre les faits qui se sont passés à la face de tout un peuple, avec ceux qui n’ont eu pour spectateurs qu’un petit nombre de personnes. Les faits clandestins, pour peu qu’ils soient merveilleux, ne méritent presque pas d’être crus : les faits publics, contre lesquels on n’a point réclamé dans le temps, ou contre lesquels il n’y a eu de réclamation que de la part de gens peu nombreux & mal intentionnés ou mal instruits, ne peuvent presque pas être contredits.
Voilà une partie des principes d’après lesquels on accordera ou l’on refusera sa croyance, si l’on ne veut pas donner dans des rêveries, & si l’on aime sincèrement la vérité. V. Certitude, Probabilité, etc.
Questions sur l’ensemble de l’article.
1. En quoi consiste l’étrangeté de cette plante-animal ?
2. Comment et pourquoi l’erreur sur cet « agnus scythicus » s’est-elle répandue ?
3. Qu’a-t-il fallu pour rétablir la vérité ?
4. En quoi cet article est-il différent du contenu attendu d’une encyclopédie ?
5. Les médias dominants actuels ont-ils compris la leçon de Denis Diderot, l’auteur de cet article ?
Proposition de réponses aux questions.
1. En quoi consiste l’étrangeté de cette plante-animal ?
L’agnus scythicus est un « arbrisseau » issu d’« une graine » qui « ressemble parfaitement à » un agneau. Elle semble brouter les plantes qui l’entourent, et « les loups sont les seuls animaux carnassiers qui en soient avides ». De plus, « il en sort du sang quand on y fait une incision ». Il s’agirait donc d’une plante qui serait aussi un animal, ce qui contredit les lois de la nature.
2. Comment et pourquoi l’erreur sur cet « agnus scythicus » s’est-elle répandue ?
Il s’agit d’une erreur de bonne foi due à la crédulité des premiers savants botanistes, qui se sont tous recopiés les uns les autres, en faisant confiance à leur prédécesseur. Le premier d’entre eux, Jules César Scaliger, a repris sans vérifier des « on-dit » colportés sans doute par d’anciens voyageurs qui n’étaient pas botanistes, en y ajoutant des précisions invraisemblables qui auraient dû mettre la puce à l’oreille des premiers lecteurs (comme le loup qui dévore la plante).
3. Qu’a-t-il fallu pour rétablir la vérité ?
Cela s’est déroulé en 3 étapes. Engelbert Kaempfer, un médecin voyageur allemand, s’est d’abord rendu sur place, et n’a trouvé aucune trace de la plante décrite par ses prédécesseurs. Puis il a compris l’origine de l’erreur, dans l’existence de « la peau d’un animal » (astrakan), prélevée sur des moutons nés avant terme ou dont le fœtus est extrait du ventre de la mère, qui ressemble à un végétal. Le savant Hans Sloane ajoute enfin qu’il s’agit probablement d’une confusion avec une fougère velue qui pousse en Jamaïque. Il ne faut pas se méfier des savants en général, mais distinguer les meilleurs d’entre eux.
4. En quoi cet article est-il différent du contenu attendu d’une encyclopédie ?
En principe, une encyclopédie propose dans l’ordre alphabétique, des connaissances avérées sur des objets concrets ou des abstractions. L’objet de cet article n’est pas de présenter des connaissances sur un « agnus scythicus » qui n’existe pas, mais de se servir d’une erreur scientifique pour exposer une méthode de vérification des faits par soi-même et pour réfléchir avec son propre cerveau, à l’époque où les hommes ne se constituaient pas volontairement en esclaves d’une IA chargée de réfléchir à leur place & de faire d’eux des idiots, comme l’a expliqué Fabien Moine (« ChatGPT abîme votre cerveau… MAIS peut vous aider ! »). Diderot piège son lecteur en lui présentant d’abord l’information erronée, mais il insère deux remarques ironiques entre parenthèses ((Cela ne pouvait manquer d’être.) & (du chancelier Bacon, notez bien ce témoignage)), qui mettent en garde. L’ironie est en principe incompatible avec le ton d’une encyclopédie.
5. Les médias dominants actuels ont-ils compris la leçon de Diderot ?
Force est de constater que l’ensemble des médias français subventionnés ou appartenant à des milliardaires mentent systématiquement, et pas de bonne foi comme le savant Scaliger dans l’article. On constate en général discrètement leurs mensonges de nombreuses années après. En voici deux exemples parmi tant d’autres.
1er exemple. « Mort de Colin Powell. Ce jour de 2003 où il a menti à l’ONU et justifié la guerre en Irak » et « Comment Tony Blair a poussé à la guerre en Irak ».
Ces médias nous expliquent posément que les dirigeants de deux puissances mondiales qui ont initié une guerre sous un prétexte fallacieux et sont responsables de millions de morts d’Arabes irakiens, auraient menti sans le faire exprès à cause d’une erreur de leurs services secrets. Et eux, les médias, qui ont toujours relayé sans chercher à vérifier, les mensonges des gouvernements, s’exonèrent de toute responsabilité. Pire : à longueur de colonnes, au lieu de questionner chaque dossier sensible, ils agonissent d’injures les lanceurs d’alerte. Julian Assange déclarait en 2011 à Trafalgar Square : « Les journalistes sont des criminels de guerre » :
Il a lui-même été victime d’une machination judiciaire basée sur de fausses accusations de toutes sortes, emprisonné dans des conditions effroyables pendant 5 années, après avoir été cantonné 7 ans à l’intérieur de l’ambassade d’Équateur à Londres, et les journalistes l’ont très faiblement soutenu : « De quoi Julian Assange est-il accusé en Suède, aux États-Unis, en Grande-Bretagne ? »
La mainmise des milliardaires sur les médias est de plus clairement revendiquée. Checknews : « Xavier Niel a-t-il bien dit : « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix » ? ». Au lieu d’enquêter sur cette mainmise, lesdits médias « enquêtent » avec de prétendues vérifications d’infos (« Checknews », en anglais, ça fait plus chic), sur les rares qui eux ont le courage de faire leur travail. Au lieu d’enquêter sur la Lune, ils enquêtent sur le doigt qui montre la Lune. Or s’ils faisaient leur travail, ces journalistes qui ne sont plus désormais que les porte-paroles de leurs propriétaires, nous apprendraient que loin de se contenter d’acheter les médias, les milliardaires choisissent aussi les présidents. Ainsi Xavier Niel a-t-il épousé Delphine Arnault, fille & successeur probable de Bernard Arnault, homme le plus riche de France. Deux des enfants de Bernard Arnault, Frédéric & Jean, ont eu Brigitte Macron comme professeur de français, et les liens d’amitié étroits entre les macrons & les Arnault sont affichés partout. La fortune des Arnault a plus que triplé sous le règne de leurs amis macrons, mais au lieu d’enquêter sur ce qui ressemble au casse du siècle & à une mafia, le Nouvel Obs titre selon la formule accoutumée de mise en doute des lanceurs d’alerte : « Les milliardaires français ont-ils triplé leur fortune sous Macron, comme le dit Ruffin ? ».
Le sous-titre laisse rêveur : « Décryptage. Si le député de la Somme force un peu le trait, l’ordre de grandeur est bien celui-là. Explications. » On sait que « 80% de vos lecteurs ne lisent que votre titre ». Les journalistes ont donc adopté cette habitude de tromper délibérément les lecteurs par des titres qui mettent en doute, alors que dès le sous-titre, la vérité (que ne liront pas 80 % des lecteurs du titre), perce quand même. Ils peuvent donc plaider la bonne foi tout en mentant.
2e exemple : la prétendue crise sanitaire du Covid. De la même façon que sur Colin Powell, la presse subventionnée reconnaît du bout des doigts qu’il existe un léger problème. Voir par exemple une entrevue de l’ex-premier ministre Édouard Philippe « regrettant de ne pas avoir "formulé un peu plus de prudence ou de nuance" vis-à-vis de certains avis scientifiques ». Les journalistes ne questionnent pas l’ex-premier ministre, ne le poussent pas dans ses retranchements, alors qu’il reconnaît avoir mal agi. Il y a une raison très simple : tous les médias ont appuyé à l’époque, sans discuter, les préconisations du gouvernement, et ont calomnié & insulté toutes les personnes qui les contestaient, sans jamais leur donner la parole (sauf au tout début). Aujourd’hui encore, malgré ce timide aveu, qui est loin d’être le premier, ces médias persistent dans leur attitude & refusent de donner la parole à ceux qui à l’époque disaient que le gouvernement avait tort, et persistent à les calomnier. Où est le débat démocratique ? Où est la « France des Lumières » ?
Ces deux exemples confirment les propos de Julian Assange : ces journalistes relaient systématiquement les mensonges des gouvernements, alors que les preuves s’accumulent que les gouvernements mentent effrontément, et que ces mensonges font des morts par millions. Ils ne cessent de mettre en cause & de prôner la censure des « réseaux sociaux » coupables selon macron de répandre des fake-news ; alors que tout citoyen qui fait l’effort de s’informer sans gober ce que lui disent les politiciens & les médias, sait de façon incontestable que depuis des décennies, et avant l’émergence des réseaux sociaux, ce sont les médias & les gouvernements qui mentent, sciemment & de façon coordonnée. L’alliance entre le menteur Colin Powell & le menteur Tony Blair dans le but d’assassiner Saddam Hussein & des millions d’Irakiens constitue un « complot » par définition. N’est-il pas inévitable que les auteurs de ce complot criminel inversent l’accusation, et qualifient de « complotistes » ceux qui ont compris leurs crimes ? Comment peut-on encore être dupe de ce mot ? La BBC, qui a couvert par le passé les mensonges criminels de Tony Blair, vient de connaître un scandale retentissant : « Démission du directeur général de la BBC, après le montage trompeur d’un discours de Donald Trump ». Il s’agit de la fabrication délibérée, et de la diffusion d’un faux document. Comment, après cela, continuer à ânonner le mantra que les médias et les IA, qui appartiennent aux mêmes propriétaires, tentent de nous faire avaler, et que l’on retrouve sur de nombreuses copies d’étudiants dès qu’on traite la question des médias : « Les réseaux sociaux diffusent des fake-news ; il faut suivre les médias sérieux ». Voici un autre exemple de média prétendument « sérieux », c’est-à-dire de média de milliardaire :
Ces comportements des médias du XXIe siècle vont à l’encontre de toutes les recommandations de Diderot : « Il faut considérer les témoignages en eux-mêmes, puis les comparer entre eux : les considérer en eux-mêmes, pour voir s’ils n’impliquent aucune contradiction, & s’ils sont de gens éclairés & instruits ; les comparer entre eux, pour découvrir s’ils ne sont point calqués les uns sur les autres, & si toute cette foule d’autorités de Kircher, de Scaliger, de Bacon, de Libarius, de Licetus, d’Eusèbe, etc. ne se réduirait pas par hasard à rien, ou à l’autorité d’un seul homme. » Il est clair que sur la guerre d’Irak de 2003, comme sur le covid, les témoignages d’époque impliquaient de nombreuses contradictions, et que les témoins défavorables aux thèses des gouvernements furent systématiquement écartés par les médias, insultés & calomniés, et que 20 ou 5 ans après, ces mêmes médias qui se sont fait les complices de gouvernements criminels ou menteurs, n’invitent toujours pas à s’exprimer ces lanceurs d’alerte. Ces médias se recopient les uns les autres, sur tous les sujets, et l’on peut dire qu’ils « se réduisent à l’autorité d’un seul homme ».
« Il faut considérer si les témoins sont oculaires ou non ; ce qu’ils ont risqué pour se faire croire ; quelle crainte ou quelles espérances ils avaient en annonçant aux autres des faits dont ils se disaient témoins oculaires : s’ils avaient exposé leur vie pour soutenir leur déposition, il faut convenir qu’elle acquerrait une grande force ; que serait-ce donc s’ils l’avaient sacrifiée & perdue ? » Que ce soit sur la guerre d’Irak ou sur le covid, les gens qui critiquaient le gouvernement ont subi des répressions extrêmes (enfermement & prison pour Julian Assange ; suspension sans salaire pour les médecins critiques du covid, sans parler du pourrissement de leur réputation), alors que ceux qui allaient dans le sens des gouvernements ont touché décorations, prébendes ou promotions. Si le fait de courir de tels risques, et de préférer la vérité à sa tranquillité n’est pas une preuve en soi, n’est-ce pas au moins pour l’honnête homme, une raison d’écouter les lanceurs d’alerte qui risquent tant parce qu’ils « aime[nt] sincèrement la vérité » ?
La 38e édition du baromètre La Croix – Verian – La Poste révèle que la confiance dans les médias est en chute libre, avec en janvier 2025 62 % des sondés d’accord avec l’affirmation « Il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité ». Il en va de même finalement qu’à l’époque de l’Encyclopédie et même avant : le problème n’est pas les réseaux sociaux ni les médias ; le problème c’est l’esprit critique qui nous permet, chez les uns comme chez les autres, de distinguer le bon grain de l’ivraie. La bonne graine de la fausse graine d’agnus scythicus ! Le dictateur Macron, comme tous ses complices infiltrés dans le fromage de l’UE, n’a qu’un seul objectif : censurer, voire supprimer tous les réseaux sociaux, et nous obliger à croire ses médias. Le média britannique The Spectator, plus ancien magazine en langue anglaise publié sans interruption (depuis 1828) titre clairement « Macron a déclaré la guerre à la liberté d’expression » (2 novembre 2025). Comme tous ses complices mondialistes. Voici Éric Stemmelen, qui explique (en 2019) que tous les journaux se réduisent à un seul ; c’est exactement ce qu’explique Diderot. Éric Stemmelen est précisément en 2019, l’auteur de Opération Macron, qu’il a dû publier en Belgique tellement ce livre gênait l’Élysée…
Est-ce que nous pourrons faire vaciller le mur du mensonge ? Hier, je demandais à un charmant collègue professeur d’anglais s’il avait entendu parler de la démission du directeur de la BBC. Oui. S’il savait pourquoi. Oui. S’il n’était pas étonnant que cela ne fasse pas la une des médias, sachant la réputation de la BBC. Réponse : « Oh, de toute façon s’agissant de Trump, on peut se permettre ». J’ai tenté, autant qu’on puisse le faire en restant courtois, de lui faire prendre conscience de la réalité, mais c’est un peu le tonneau des Danaïdes. Nos compatriotes, et surtout les intellectuels, sont littéralement intoxiqués par l’ingurgitation quotidienne de doses létales de mensonges depuis leur naissance. Comment faire ? L’idée qui peut nous soutenir, c’est qu’une fois qu’on devient complotiste, on ne repasse jamais du côté des normopathes. Alors tâchons de les gagner, pièce à pièce. Puisse cet article (et le cours que je dispense à mes étudiants) y contribuer.
– Voir notre article Qui croire ? Comment la littérature peut former les esprits pour séparer le bon grain de l’ivraie ?
Voir en ligne : Édition numérique de l’Encyclopédie
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[1] Athanasius Kircher (1601-1680), savant allemand
[2] Engelbert Kaempfer (1651-1716), médecin voyageur allemand.
[3] Hans Sloane (1660-1753), médecin, naturaliste irlandais, à l’origine de la collection du British museum.
[4] Jules César Scaliger (1484-1558), érudit italien, traducteur du botaniste grec Théophraste.
[5] Nom imaginaire ; cette région n’existe pas.
[6] Allusion à l’astrakan ou breitschwanz, fourrure du mouton karakul né avant terme ou dont le fœtus est extrait du ventre de la mère.
[7] Excroissance charnue d’une plante, de sa racine, etc.
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