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Un pamphlet raoultiste & couillu d’un médecin qui a eu les mains dans le cambouis du Covid-19.

Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ?, du Professeur Christian Perronne

Albin Michel, 2020, 16,9 €

samedi 20 juin 2020, par Lionel Labosse

Le Pr Christian Perronne, dont la date de naissance ne figure pas sur l’article de Wikipédia (j’aime bien indiquer les dates des auteurs) a donc publié ce pamphlet sorti le 17 juin mais imprimé en mai, qui lui a valu d’être invité sur de nombreux plateaux radio & TV (sauf la radio d’État, ou tout partisan du protocole Raoult est interdit). Des médecins paraît-il, lancent une pétition auprès du Conseil de l’Ordre pour intimider ce confrère qui ose lancer ce pavé dans la mare. Perronne avait cosigné avec Douste-Blazy la pétition du 3 avril : Traitement Covid-19 : ne perdons plus de temps ! signée par 580 000 personnes, dont le gouvernement s’était torché, alors que ce même gouvernement est fort attentif à l’« émotion » d’une poignée de manifestants antiflics & autres déboulonneurs de statues. La veille, le journal Marianne avait publié une interview du professeur en soutien au Pr Raoult qui concluait : « Combien de milliers de morts ce gouvernement aura-t-il sur la conscience ? Mais qui les conseille ? C’est révoltant. » Entretemps il avait fait une pause médiatique et s’était consacré à ses malades, puis il est revenu au devant de la scène, et je vous recommande notamment son interview par André Bercoff en prélude à la lecture de cet article (durée, une heure, mais quelle heure !) En fait, il en dit plus dans ses entrevues que dans ce bref livre, qui n’est pas un chef-d’œuvre de la littérature, et qui d’ailleurs – précision honnête – est « rédigé en collaboration avec Ambre Bartok ». Il y a d’abord une sorte de journal thématique sur les erreurs du gouvernement, avec de nombreuses citations de déclarations, puis un retour sur les évolutions néfastes dans la gestion des hôpitaux et des épidémies. Perronne n’y glose pas en professeur de médecine, mais il fait un peu le café du commerce, il dit ce qu’il a sur la patate, et ça fait du bien qu’un professeur de médecine autre que Raoult ouvre sa gueule, parce que à force d’entendre les plumitifs stipendiés des médias lécheurs d’anus de l’État, certaines personnes qui suivent cette affaire de loin se laissent abuser et prennent Raoult pour un hâbleur Marseillais, alors que le raoultisme a fait tache d’huile dans le monde médical, à part chez les pensionnés de Gilead. À noter qu’au moment où j’écris ces lignes (25 juin), ce livre est n° 1 des ventes sur Amazon, mais qu’il n’apparaît même pas dans les autres listes de meilleures ventes. Je n’ai pas pu l’obtenir dans la librairie de mon quartier, et j’ai dû aller l’acheter dans une Fnac, où il y en avait une pile, ainsi que de celui du Pr Raoult. Pendant que j’étais dans cette librairie de quartier, et que je faisais cette réflexion à la libraire, un client l’appelait, par hasard, pour lui demander le livre de Perronne et elle lui mentait qu’il était en réimpression (alors que je venais de lui dire que je l’avais trouvé à la Fnac). Quant au livre de Raoult, qui a été revu et réimprimé, là aussi, impossible de se le procurer dans cette librairie de quartier, et pourtant la libraire m’a dit qu’elle allait protester. J’ai fini par l’obtenir le 26 juin, au bout d’un mois, mais sachez que comme jadis Pif Gadget, il est livré sous blister avec une boîte de Plaquenil en cadeau ! Bref, ce sont des détails, mais détail après détail, la France ressemble de plus en plus à l’Union soviétique.

La lance à incendie est-elle homologuée ?

Raoultiste dans la moelle, Christian Perronne utilise de plaisantes images pour moquer l’incompétence et la suffisance des décideurs, du président de la république aux membres du « conseil scientifique » qui « ont ignoré, avec majesté et dédain, les résultats de l’étude du Pr Raoult, puis les statistiques de mortalité venues du monde entier ». « Face à cette guerre sans précédent, où il y avait le feu à la maison France, les membres du Conseil réclamaient de prendre leur temps, beaucoup de temps, pour tout valider sur le plan scientifique, avant de prendre la moindre décision. Il fallait par une longue, très longue procédure vérifier que la lance à incendie était homologuée avant de se risquer à combattre les flammes » (p. 11). Le Pr rappelle l’effarante affaire des masques et matériels livrés par la France à la Chine en février par un vol Paris-Wuhan et retour avec rapatriement de Français, suivi d’un gros foyer de contamination parti de la base de Creil : « Masques contre virus, une belle opération d’import-export ?! » (p. 20). Début avril, une livraison de 2 millions de masques pour la région Bourgogne-Franche-Comté est « détournée sur le tarmac par l’État » ! (p. 22). La saga des masques est inénarrable, mais je vous renvoie à un rapport complet du collectif « Laissons les médecins prescrire » paru le 22 juin. Le Pr Delfraissy, président du prétendu « conseil scientifique », en prend pour son grade : Perronne remarque lors de ses interventions TV qu’il a « la voix mal assurée » et « le regard baissé » (p. 32) quand il dit que les réactifs pour les tests n’arrivent pas en nombre suffisant de Chine ou des États-Unis. Or l’Académie de médecine « enjoint au gouvernement d’élargir la liste des laboratoires agréés », à 6 catégories de labos, dont les vétérinaires, qui répondent présent : « Ils affirment pouvoir réaliser jusqu’à 300 000 tests par semaine » (p. 34). Les 42 000 dentistes pourraient faire les prélèvements. Résultat : rien ! « À l’inverse de l’Allemagne […] en France, consigne est donnée : tout doit être parfaitement validé et certifié avant d’être utilisé. On va se prendre plusieurs mois dans les dents, avec eux on commence à être habitué ! » (p. 35). Et Perronne de remercier la gendarmerie qui a installé à l’hôpital de Garches un « camion-laboratoire capable de débiter 1000 tests diagnostics PCR par jour », qui ont permis de tester des prélèvements faits dans les Ehpad (p. 37). Véran déclare le 4 avril que « la France a déjà passé commande pour 5 millions de tests rapides », mais qu’ils ne sont jamais arrivés, comme pour les masques, Perronne ironise sur le sens du mot « prochainement » : « au gouvernement ils doivent avoir une autre version [du dictionnaire] […] rédigée par leurs équipes » ! (p. 39).

Un « conseil scientifique » peut en cacher un autre, mais les deux appuient sur le frein

Dans le chapitre suivant, Perronne écharpe un par un tous les bras-cassés du « conseil scientifique ». Bruno Lina « est chargé de la stratégie qui consiste à repositionner les médicaments » (ce qui est précisément la spécialité de Raoult), or il ignore totalement l’étude de Raoult, par contre au lieu de faire ce qu’on attend de lui, il se répand dans les médias, et Perronne établit la liste de ses nombreuses sorties médiatiques (p. 46). Et quant à Jean-François Défraîchi, c’est « S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer » (p. 47). Perronne s’amuse à citer pas moins de 16 déclarations de cet immense scientifique chef du « conseil » du même nom, toutes plus ahurissantes de bêtise les unes que les autres. Ma préférée c’est au sujet des maisons de retraite : « Il faut être intelligent, garder une forme d’isolement mais ne pas non plus les isoler » ! (France Inter le 11 mars) Et puis il énumère les sociologues ou anthropologues de ce conseil, ceux que Raoult nomme les météorologues, et conclut : « On ne peut pas avoir des experts des maladies tropicales à la place ? En fait, avant de se demander ce que ça va coûter et comment on va s’en remettre, on pourrait déjà essayer de s’en sortir, non ? » (p. 51). Mais il y a encore le Pr Franck Chauvin (celui qui remplace Raoult je crois) : « C’est lui qui signe un avis du HCSP qui réserve l’hydroxychloroquine aux mourants, tout en déclarant au Canard enchaîné « qu’une prescription aussi tardive d’hydroxychloroquine n’a aucune utilité médicale ». Déclaration consternante et avis stupéfiant du HCSP qu’Olivier Véran s’empressera de transformer en décret » (p. 52). P. 152 on apprend que ce Pr a même avoué au Canard que pour cet avis il aurait subi « des pressions », mais impossible de savoir de qui ! Espérons que la commission d’enquête cuisinera ce type et qu’ils « auront des moyens de le faire parler » comme disait le général Bigeard. Il y a là de quoi en mettre deux derrière les barreaux.
J’ai appris dans ce livre l’existence d’un mystérieux 2e conseil : « notre président nomme un second conseil, le CARE (Comité analyse recherche et expertise). Personne n’a encore compris son rôle. Peu de gens suivent ses travaux. Personne ne sait ce qui a poussé le Président à créer une structure supplémentaire qui s’ajoute à toutes les autres. Mais on a sorti une cotitulaire du prix Nobel, Françoise Barré-Sinoussi, de son confinement, et on l’a poussée devant les projecteurs du JT de TF1. Sa mission ? Voler justement au secours du Président qui vient de prononcer un des nombreux discours qu’il nous inflige depuis le début de la crise » (p. 54). Wikipédia nous apprend d’ailleurs que Yazdan Yazdanpanah fait partie des deux comités ! Mais a-t-il le temps de diriger son service ? C’est lui qui porte si bien le masque qu’il s’est fait contaminer ! Je ne comprends vraiment pas que pour prendre des décisions aussi nulles un président ait besoin d’un tel phalanstère de conseillers (2 x 12 - 1), et je trouve Perronne bien indulgent devant tant d’impéritie, il est vrai que l’ironie est finalement peut-être un bon levier. Le fameux essai « Discovery », que j’appelle « Fiascovéreux » est promu par un « consortium, qui s’appelle Reacting […] un groupe créé par Jean-François Delfraissy, lequel s’est vaguement préoccupé de créer « pour le Conseil scientifique, un règlement intérieur qui permettra de savoir quelle est la règle pour les gens avec des liens d’intérêt ». Or ce règlement semble n’avoir pas été fait ! (p. 61). « La manière dont est géré le groupe Reacting confronté à son concurrent Raoulting, illustre le fait que garder son indépendance tout en faisant de la recherche est un défi auquel est quotidiennement confronté le monde médical ». Perronne ironise sur le bras n° 1 : « Les soins standard (sur les patients atteints du Covid-19) : du Doliprane, une soupe et au lit, pour faire simple ». Ce n’est que le 22 mars que l’hydroxychloroquine est ajoutée à cet essai (p.62). Perronne fait alors l’investigation que n’ont pas faite les journalistes sur les conflits d’intérêt des membres de ces deux conseils chargés de prouver que l’hydroxychloroquine était nocive : « Pr Jean-Philippe Spano, cancérologue à Paris-Pitié-Salpêtrière a reçu 325 406 euros de l’industrie pharmaceutique, dont 7896 euros de Gilead ». « Il y a aussi Karine Lacombe, qui bosse pour Gilead. Elle n’est ni dans le premier Conseil scientifique de l’Élysée, ni dans le second. Mais elle a clairement la caution du gouvernement. Le 28 mars, elle partage une conférence de presse avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, à Matignon, sur le thème du coronavirus. Or il se trouve qu’elle a des relations de grande complicité intellectuelle avec (entre autres) de grandes firmes comme Gilead et Abbvie, qui par ailleurs – mais ça n’a rien à voir – lui ont accordé de généreux contrats. Et ce jour-là, pendant la conférence de presse, alors que nos deux ministres boivent ses paroles, elle chante Discovery, et fustige la chloroquine. Karine Lacombe a touché 212 209 euros de l’industrie pharmaceutique, dont 28 412 euros de Gilead et 45 211 euros d’Abbvie. » (p. 64). Ces données sont tirées du site officiel de la base Transparence santé (que Raoult a mentionnée à plusieurs reprises lors de son audition du 24 juin à l’Assemblée). J’ai fait la recherche pour Karine Lacombe, et cela tombe sur une usine à gaz, dans laquelle est publié le détail de chaque prestation, le moindre repas offert, et pour cette pauvre dame il y a des dizaines de pages ; je ne sais pas comment le Pr Perronne a pu faire les totaux. Par contre en faisant la recherche sur lui, la différence est sidérante : il n’y a qu’une seule page, et dans la colonne « rémunération », on ne trouve qu’une seule ligne à 875 € en 2018 ! Et le Pr Didier Raoult est absent de la base ! J’ai regardé pour mon généraliste. Il a plusieurs pages de repas et de conventions, mais 0 rémunération. Ouf ! Je sens que je vais devenir fan de ce site ! Et Perronne éperonne : « j’ai regardé le Top 10 du classement des revenus annuels versés par l’industrie pharmaceutique aux infectiologues. Je ne citerai personne (ouf ! vont dire certains). Un seul exemple. L’un d’entre eux a quand même reçu la bagatelle de 541 729 euros de Big pharma, dont 52 812 euros de Gilead. À ce stade, peut-on vraiment parler de « rémunération complémentaire » ? Est-ce un hasard si on apprend par Le Canard enchaîné que le coup de téléphone anonyme pour menacer Didier Raoult s’il persistait avec l’hydroxychloroquine, serait parti du téléphone portable du service d’infectiologie qu’il dirige ? » (p. 67). Une recherche m’a permis de savoir que ce médecin serait localisé au CHU de Nantes. Étonnant qu’on n’en sache pas plus. Finalement, il m’a fallu 10 minutes de travail pour trouver qu’il s’agirait de François Raffi, et c’était tout bêtement écrit dans la bio de ce dernier sur Wikipédia ! On apprend en passant que « Olivier Véran […] avait d’emblée annoncé qu’il était incompétent sur les traitements et qu’il ne prendrait aucune décision sans l’aval de toutes les sociétés savantes » (p. 68). On croit rêver : entouré de Salomon et d’une secrétaire d’État dont j’ai oublié le nom plus 2 commissions de 24 experts (dont un à double casquette sinon à grosse tête), plus Lacombe, donc à 27, ils ont plombé la France, et on devrait accepter ça ? Je trouve Perronne décidément bien indulgent. Quant à Agnès Buzyn, je crois que son comportement relève du tribunal pénal international si ce que rapporte Perronne est vrai : alors qu’elle est au courant de la dangerosité du virus dès le 20 décembre, elle tweete le 25 janvier, après un point presse : « Le risque d’importation depuis Wuhan est quasi nul, le risque de propagation du #coronavirus dans la population est très faible » (p. 73).

En dehors des cénacles parisiens, on a les mains dans le cambouis

Perronne, comme Raoult et la plupart des médecins qui ne sont pas des médecins de salon, se sortent les doigts du cul pendant que les Delfaissy, Véran et toute la clique, se les tournent dedans : « Au sein de l’hôpital de Garches, mon équipe, avec le précieuse aide des soignants d’autres services, s’échine à augmenter les capacités d’accueil. Et au pas de course. Pas En Marche ! Quel élan de générosité de la part des jeunes médecins, infirmiers, aides-soignants, des généralistes qui viennent proposer leur aide et des retraités qui reviennent avec un grand sourire. Ça fait chaud au cœur. Je les remercie tous, ici, parce que je n’ai pas eu le temps de le faire alors ou si peu » (p. 77). Une info utile à mémoriser : « Car Brigitte Macron était bien En Marche sur les quais. Il me semblait pourtant que le Premier ministre avait dit qu’on ne devait plus sortir, sauf obligation, la veille, sur toutes les télés. Et qu’il fallait, si on ne pouvait pas faire autrement que de mettre le nez dehors, respecter au moins un mètre d’écart entre chacun. Quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre qu’elle était allée sur les quais, serrée de près par ses quatre gardes du corps ! Mais le plus drôle, c’est le lendemain, le 16 mars Dans les colonnes du journal Le Parisien. La Première dame parle de sa balade et se dit « interloquée de voir les gens se masser les uns contre les autres » » (p. 77). Perronne utilise lui aussi le terme de « bras cassés, parmi les décideurs » (p. 78). La meilleure sortie de Sibeth Ndiaye est datée du 16 mars : « Mais pour le césar du « canular du siècle » c’est Sibeth Ndiaye qui remporte la palme. « Cette histoire de décret [sur un confinement de la population] était une fake news », assure-­t­-elle sur France Inter, alors que « le jour-même » souligne Perronne (p. 78), Macron annonce ce confinement qualifié de fake news par cette menteuse professionnelle payée cher pour pour propager des fake news qu’elle fait passer pour vérités tout en accusant les autres de propager des fake news ! Dans l’histoire mondiale de la tartufferie, cette [censuré] aura l’un des plus beaux rôles. Comment peut-on laisser une personne aussi manifestement nulle et nuisible dans un gouvernement ? Macron et toute sa clique n’ont vraiment aucune honte. On a aussi le rappel de la sortie de la ministre du travail (Pénicaud) qui traite de « défaitistes » (la 18 mars sur LCI) les entreprises de BTP qui veulent protéger leurs salariés et arrêtent les chantiers (p. 80).
Perronne confirme qu’on aurait bien pu ne pas confiner (ce en quoi il signe son acte de mort pour les médias à la botte du pouvoir, car il se montre partisan de Bolsorano et de Trump, acte de haute trahison pour cette presse à pensée unique) : « Mais ce qui m’a le plus choqué concernant le confinement, c’est qu’on aurait pu éviter qu’il soit généralisé. Si on avait eu des masques. Et qu’on avait en parallèle dépisté en masse. Dans les pays où on a testé en quantité, mais jamais confiné, sauf les malades, les porteurs sans symptômes du virus et les personnes fragiles, il y a eu très peu de victimes : mi­-mai on comptait 256 morts en Corée. 668 au Japon, 3 040 en Suède et 21 à Singapour. À l’heure du bilan, les écarts entre ces pays et la France (27 000 morts au 13 mai) ne se réduiront jamais » (p. 82).
La seule erreur manifeste que j’aie relevé dans ce livre est celle-ci : « Enfin, et j’en finirai par là, une fois qu’on avait raté notre dépistage et qu’on n’avait plus d’autre choix que celui du confinement généralisé, on aurait dû, et par « on » j’entends nos dirigeants bien sûr, demander aux Parisiens de ne pas quitter leurs résidences principales pour les secondaires. L’afflux de milliers d’habitants de la capitale vers les campagnes françaises a complètement déstabilisé la ruralité » (p. 83). Bizarrement pour cette affirmation, aucune note ne vient justifier cette prise de position subjective. Or comme je l’ai expliqué dans mon journal de confinement, bien au contraire, cet exode rural a sans doute contribué à rendre gérable la pandémie en Île-de-France, qui a déjà dû exporter en province de nombreux patients par TGV médicalisés ; qu’est-ce que cela aurait donné si de nombreux Franciliens n’étaient pas partis d’eux-mêmes ! Quitter dans un véhicule individuel une ville dense pour une maison isolée dans une région rurale non dense, c’est 100 % bénéfique. En train, un peu plus risqué bien sûr, mais là, il faut s’en prendre à l’écologie punitive. Autre absurdité des 27 bras-cassés des deux conseils et leurs ministres & sous-ministres : « On apprend que les tests diagnostiques seront réservés aux malades avec des symptômes et que les personnes sans symptômes n’en auront pas besoin. Mais qui souffle au Président ces âneries à l’oreille ? Une fois qu’on est tombé malade, il n’est pas d’une très grande utilité d’avoir un test pour vous dire… que vous êtes malade. Tous les médecins aguerris par plusieurs semaines d’épidémie savent faire le diagnostic sur les signes cliniques, sans test. Leur intérêt, si on déconfine, c’est justement de dépister le plus de monde possible, y compris les personnes sans symptômes. » « Alors que le gouvernement a annoncé le déconfinement pour le 11 mai et que la France produira 700 000 tests diagnostiques PCR par semaine, je pleure. Ce nombre est largement insuffisant Il en faudrait des millions. Or des biologistes disent publiquement que la France ne sera même pas capable de produire ces 700 000 tests Ainsi on déconfine en pénurie de masques, en pénurie de tests diagnostiques et en pénurie des médicaments actifs (hydroxychloroquine et azithromycine) utilisés dans la plupart des pays » (p. 85). Perronne s’énerve sur l’attentisme du gouvernement : « La médaille d’argent, c’est au mot « attendre » qu’on la remet. Prononcé là aussi à foison par la gouvernance, tant politique que scientifique. Il est urgent d’attendre, telle est la consigne. On prend les confinés pour des c… tout court » (p. 90). Perronne rappelle les crachats de la pensionnée de Gilead : « C’en est trop pour Karine Lacombe. La cheffe de service en maladies infectieuses de l’hôpital Saint-­Antoine vient en renfort pour soutenir ses amis du Conseil scientifique. JT de 13 heures de France 2 du 23 mars : « Ce qui se passe à Marseille à mon avis est absolument scandaleux », puis ajoute-­t-­elle plus loin parlant de la chloroquine : « On ne peut pas comme ça maintenant la donner à n’importe qui dans n’importe quelles conditions. Je pense que c’est extrêmement dangereux ». Enfin clôt­-elle : « Et je suis très peinée que des scientifiques de renom comme mes collègues de Marseille se soient engagés dans une action de ce type-­là ». C’est intéressant que ce dénigrement de confrères n’ait donné lieu à aucun recadrement de cette pensionnée de Gilead par l’Ordre, quand on compare aux cris d’orfraie des journaleux lorsque Raoult s’est mis à répondre à ces insultes en disant sans nommer personne, que les malades avaient été moins bien soignés à Paris qu’à Marseille, ce qui est incontestable, et cette pensionnée de Gilead aurait mieux fait de soigner ses patients plutôt que de cracher sur ses collègues de Marseille qui faisaient le boulot qu’elle ne faisait pas, préférant pérorer sur les plateaux TV. Nouvelle pique pour Lacombe : « Elle doit ignorer que mi-­février la Chine affirme la victoire de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine sur le virus. Ils l’ont utilisée dans une dizaine d’hôpitaux différents. Et que parmi les chercheurs on trouve le Pr Zhong Nanshan, découvreur du Sras en 2002 » (p. 94). voici la liste des pays qui ont utilisé ce traitement : « Israël s’en fabrique à la pelle et promet d’en envoyer 6 millions en Amérique. En Suisse, on dépoussière les 50 millions de doses en stock et on en attend 80 millions de plus d’ici à fin mai. En Corée du Sud on traite déjà à l’hydroxychloroquine sans attendre les résultats de telle ou telle étude. Ils ont 174 morts le 3 avril. Nous le même jour, 6 507. En Italie aussi on en veut. En Pologne. En Espagne, au Portugal et en Grèce. Au Maroc, au Sénégal, sur le continent africain, très largement. Même la Russie qui s’est renseignée de très près sur ce qui se passait en Chine » (p. 95). Et pourtant l’incapable en chef prend une décision criminelle : « Le 26 mars la France décide finalement d’autoriser la prescription de l’hydroxychloroquine. Un décret est signé. Et le Pr Raoult est très content : « Dans le cadre de l’étude sanitaire l’hydroxychloroquine peut être prescrite en traitement du Covid­19. Merci à @Olivierveran pour son écoute » écrit-­il sur Twitter. Mais le 27, le lendemain, modification du décret : « Il est autorisé d’administrer cette molécule contre le Covid­19 à l’hôpital uniquement et seulement aux cas graves. » Traduction : quand les malades ont une insuffisance respiratoire. Quand c’est trop tard en fait ! dit Raoult. Moi aussi, à tout­-va, sur tous les médias. Dès la mi-­mars, j’alerte à la télévision. Je n’ai jamais dit que c’était prouvé que c’était le remède miracle. J’ai dit que même si l’hydroxychloroquine n’était pas si efficace que ça on le saurait vite mais n’attendons pas pour en commander des millions de doses aux industriels et constituer des stocks stratégiques au cas où. D’autant que le coût de l’opération est très faible » (p. 96). Mieux : l’État autorise le Rivotril : « D’un côté on leur interdisait, contrairement à leurs confrères d’autres pays, de prescrire l’hydroxychloroquine, soi-­disant dangereuse, et en même temps on leur autorisait exceptionnellement la prescription du Rivotril très restreinte depuis quelques années. Du jamais-­vu. Ce médicament est prescrit dans le cadre des soins palliatifs des malades en fin de vie. Comme la plupart des médecins je suis en complet accord avec les soins palliatifs quand il n’y a pas d’autre solution. Mais c’est la juxtaposition des deux décrets qui a été perçue comme violente. Le ressenti des médecins a été : on nous refuse le seul traitement qui marche peut­-être, mais on nous autorise exceptionnellement l’euthanasie en Ehpad ou à domicile des malades atteints du Covid ­19. Cela a forcément déclenché de la colère » (p. 98). Mais comment un ministre de la santé (sic) qui a commis de tels actes criminels peut-il être encore en fonction ? « Donald Trump a vite pigé et commandé immédiatement des dizaines de millions de doses à tous les fabricants mondiaux. Il a ainsi constitué dans l’urgence un énorme stock stratégique. Tous les médecins hospitaliers américains peuvent prescrire la chloroquine ou l’hydroxychloroquine, sans condition de gravité et même en dehors d’essais thérapeutiques. La FDA a reconnu qu’on manquait encore de données, mais que malgré des preuves d’efficacité encore maigres, les bénéfices potentiels du produit dépassaient vraisemblablement les risques. Un bel exemple de pragmatisme face à l’urgence. Le Portugal, suivi par d’autres pays, recommande ces traitements pour les cas de Covid­19 avec pneumonie. Beaucoup de pays, dont l’Allemagne, ne recommandent pas mais autorisent. Pendant ce temps, la France se distingue du reste du monde. Qui sont les Gaulois réfractaires ? Le peuple de France ? Ou le gouvernement qui agit en dépit du bon sens ? » (p. 100). Précision intéressante du praticien : « Il semble que quelques cas graves de troubles du rythme cardiaque aient été rapportés depuis le début de l’épidémie. J’ai pu avec mes collaborateurs constater dans mon service quelques cas d’anomalies de l’électrocardiogramme ou d’atteinte cardiaque plus marquée dues au coronavirus, alors que les malades n’avaient pris ni hydroxychloroquine ni azithromycine. Imaginez que s’ils avaient pris l’un de ces médicaments, on aurait immédiatement accusé le traitement d’être responsable de ces troubles cardiaques » (p. 101). Perronne confirme l’efficacité du traitement Raoult : « Si l’on regarde le nombre quotidien de personnes qui sortent de l’hôpital on peut comparer par régions ceux qui sortent de l’hôpital les pieds devant et ceux qui sortent sur leurs pieds et rentrent à leur domicile Ça énerve les Pieds Nickelés de l’intelligentsia scientifique parisienne ! Il n’y a pas photo les hospitalisés meurent beaucoup moins à Marseille qu’à Paris » […] « Son étude sur plus de 1000 patients, dont près de 65,7 % avaient une pneumonie documentée par un scanner montre une excellente tolérance du traitement sans problème cardiaque, et une excellente efficacité. Dans le groupe des personnes les plus à risque, le taux de guérison a été de 98,7 %. De plus, la mortalité observée chez les personnes les plus âgées est tombée à 0,75 %. Ce résultat est magnifique quand on observe sur les chiffres de Santé publique France que pour les personnes de plus de 70 ans hospitalisées pour Covid­19 la mortalité peut atteindre 30 % voire 50 % » (p. 103). Ironie Perronnienne : « Chers Gaulois, le chef Vérantorix interdit pourtant la distribution de la potion magique du druide Raoultix. Connaît-il les principes fondamentaux qu’il faudra graver en lettres d’or sur le mur du ministère ! « Mieux vaut une bonne autopsie qu’un traitement sans preuves » ou bien « Mieux vaut mourir sans prendre de risque que de guérir avec des méthodes non encore certifiées ». Ça m’a rappelé un dessin qui a circulé où on voit deux individus en haut d’une falaise en train de regarder un homme qui se noie et qui appelle au secours. L’un des deux tient une bouée à la main sans bouger Son ami lui demande « Pourquoi ne lui jettes-­tu pas la bouée ? » Il répond : « Je ne suis pas sûr qu’elle soit homologuée » (p. 104). Voilà cette variante de l’histoire de la lance à incendie trouvée plus haut :

La bouée de sauvetage est-elle homologuée ?

La faillite des décideurs de la médecine

Sur la fameuse entrevue d’Agnès Buzyn du 17 mars dans Le Monde, Perronne rapporte les propos du sénateur David Assouline sur Twitter : « Elle confie donc aujourd’hui qu’elle a menti publiquement dans l’exercice de ses fonctions » (p. 109). Quant à Véran, il a sciemment menti sur les masques : « Oui Olivier Véran savait qu’on était en pénurie de masques Il aurait dû dire la vérité aux soignants à tous les Français. Et lui non plus, comme les autres, n’a rien fait » (p. 113). Sur la question de l’hydroxychloroquine, les membres du « Care » se montrent vraiment « en guerre » : « Quand on le questionne sur le traitement du Pr Raoult : « Que pensez-vous de l’hydroxychloroquine et des attentes suscitées par ce médicament ? » Françoise Barré­-Sinoussi, sa présidente, répond dans Le Monde du 24 mars : « Pour l’instant pas grand­-chose, j’attends les résultats de l’essai Discovery ». Plus vague, tu meurs… Et ce n’est pas fini. Sur l’avancée des vaccins contre le coronavirus, le CARE dit ne pas encore pouvoir répondre car il faut attendre « les résultats des essais qui ont été lancés  » ajoute Françoise Barré-­Sinoussi le 25 mars sur BFM TV » (p. 134). Mais Perronne omet de citer la meilleure, dans la même entrevue, la prix Nobel faisait deux déclarations à pisser de rire quand on connaît la suite : « Je réagis aussi à la vue, ces dernières heures, des files d’attente devant l’Institut hospitalo-universtaire de Marseille pour bénéficier d’un traitement, l’hydroxychloroquine, dont l’efficacité n’a pas été prouvée de façon rigoureuse. Certains peuvent être contaminés et risquent de diffuser le virus. C’est n’importe quoi. » Et sur Discovery : « De premières analyses fiables devraient être connues dans une quinzaine de jours. Cet essai est fait dans les règles de l’art. Soyons patients. » Quand un prix Nobel se fout de notre gueule en toute impunité (elle est quand même payée pour présider ce ramassis d’incapables).
Dans la suite du livre, Perronne revient sur le passé. Il évoque la loi de Roselyne Bachelot (qui s’emploie à cracher sur Raoult), la loi HPST de 2009 qui constituait selon lui « un beau mensonge d’État ». « En tant que chef de pôle, on m’a demandé de suivre une formation de management réalisée par des profs de HEC, la célèbre école de commerce. J’ai participé à plusieurs sessions avec une vingtaine de chefs de service. Les profs avaient pour mission de reformater nos cerveaux malades de médecins. Ce n’était pas dit comme ça, mais c’était clairement ça. Il fallait oublier l’art de soigner ou la compassion, vieilles balivernes, mais apprendre la conquête de parts de marché face aux cliniques privées. On nous faisait faire des jeux de rôle où l’un jouait le directeur de l’hôpital, l’autre le directeur de l’ARS (Agence régionale de santé), l’autre le chef de service mauvais élève » […] « Et à la fin de la formation, c’étaient les chefs de service qui apprenaient aux profs de HEC comment fonctionnait l’économie hospitalière post-­HPST ». Et de conclure : « Il faut abroger en urgence la loi HPST la loi scélérate et abolir la fameuse T2A (tarification à l’activité) qui a transformé l’hôpital public en hôpital­-entreprise, tenu de sacrifier les soins non rentables pour générer des bénéfices. La T2A est une honte d’État. Depuis cette loi, les médecins n’ont plus leur mot à dire dans la gestion de l’hôpital et ils sont tenus d’obéir sous peine de sanctions à des directeurs hospitaliers » (p. 147). De même au ministère : « Pendant ma quinzaine d’années de collaboration étroite avec le ministère de la Santé pour la gestion des maladies infectieuses, j’ai vu un changement grave s’opérer lors de la transformation du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) en Haut Conseil de la santé publique (HCSP) » (p. 149). En gros, ces médecins connaissaient tous les acteurs de terrain et pouvaient réagir très vite en cas de crise. Mais des « énarques » selon lui ont vu là une « collusion entre experts et décideurs », et ont laissé un seul médecin pour tout gérer. Perronne a mis fin à son mandat au ministère (p. 150). Il évoque aussi la dilution de « l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) et l’EPRUS (Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) pour en faire une grande agence Santé publique France ». Or le résultat est l’absence d’efficacité car l’EPRUS était spécifiquement chargée de gérer le risque (p. 152).
En tant que chef de service à Garches, Perronne explique que la catastrophique gestion des lits en phase épidémique est loin d’être spécifique à la crise actuelle : « Chaque année dans tous les services de pédiatrie de France, c’est le même scénario lors de la vague épidémique annuelle de VRS (virus respiratoire syncytial) responsable de la bronchiolite du nourrisson et de la vague de diarrhées à rotavirus du nourrisson. Les hivers où les deux pics épidémiques tombent en même temps c’est le cauchemar dans les urgences pédiatriques qui ne savent plus où donner de la tête par manque de lits. Le comble, c’est qu’on entasse tous les gamins en attendant de trouver une solution et qu’ainsi ceux qui viennent avec le VRS ont une bonne chance d’attraper le rotavirus et vice versa. On observe le même phénomène dans les services de maladies infectieuses pour adultes. Certaines années l’épidémie de grippe, c’est tranquillou. Mais d’autres années sans que l’on puisse le prévoir, c’est la cata. Le vaccin grippal, c’est comme le beaujolais nouveau, il est différent chaque année afin de suivre l’évolution des virus mutés qui circulent. Ainsi les années où des mutants outsiders du virus circulent, ils n’étaient pas prévus dans la composition du vaccin grippal qui vient de sortir ! Il en résulte une baisse d’efficacité du vaccin responsable d’une vague épidémique beaucoup plus élevée. Ces années­-là on ne sait plus où caser les malades qui contaminent beaucoup de personnes dans les hôpitaux » (p. 157). À Garche plus précisément : « Devant les risques récurrents depuis une vingtaine d’années, j’avais avec mes collaborateurs contribué au plan blanc de l’hôpital de Garches pour prévoir des ailes d’hospitalisation dédiées et isolées en cas de crise épidémique. Nous avons assuré des exercices grandeur nature avec tout le personnel et le SAMU des Hauts-­de-­Seine basé dans l’hôpital. Nous avions prévu en cas de pandémie majeure de consacrer un bâtiment entier pour les malades infectés. Je ne pensais pas que ce scénario allait se réaliser un jour mais en 2020 je suis ravi de l’avoir anticipé » (p. 157). Il évoque deux déceptions majeures récentes dans le fait que cet hôpital n’ait pas reçu des distinctions prévues, comme « centre de référence pour le risque épidémique avec équipement de chambres d’isolement à pression négative » (les hôpitaux parisiens ont été privilégiés) et un projet optimal pour « la prise en charge optimale des personnes handicapées motrices » : « J’ai vu défiler des candidats à l’élection présidentielle des épouses de présidents de la République, des ministres de la Santé qui tous venaient annoncer en présence des familles de handicapés avec un discours plein d’émotion déguisée et de pseudo-compassion, que le gouvernement faisait tout pour accompagner la prise en charge des handicapés, ces chers concitoyens si fragiles. Tout ça n’a été que du bla­bla. On a mis brutalement un terme au projet et donné le budget alloué au « nouvel hôpital du handicap à Garches » au nouvel hôpital Necker » (p. 158).
Sur la liberté de prescrire : « La loi Bertrand par exemple veut empêcher les médecins de prescrire les médicaments en dehors des AMM (autorisation de mise sur le marché). C’est une atteinte directe à la liberté de prescription des médecins pourtant inscrite dans le Code de déontologie. Or dans la pratique de tous les jours surtout à l’hôpital, la prescription hors AMM est très fréquente et peut atteindre 80 % à 100 % des prescriptions dans certains domaines » (p. 160). Et pour l’hydroxychloroquine à Garches, voilà comment ça s’est passé, sans commentaire : « l’étude officielle Discovery n’est pas acceptable. Il est parfaitement immoral de tirer au sort les patients qui recevront ou non un traitement possiblement efficace quand ils n’ont que quelques jours à vivre. Lorsque les premiers malades atteints de Covid­19 sont arrivés à Garches, nous avons assez rapidement décidé avec mon équipe d’utiliser l’association hydroxychloroquine­-azithromycine pour les malades atteints de formes moyennement sévères. C’est alors que la pharmacie de l’hôpital a reçu un courriel de l’AGEPS (Agence générale des équipements et produits de santé, ex­-Pharmacie centrale des hôpitaux) pour dire qu’il n’était plus possible d’obtenir de l’hydroxychloroquine car les armoires avaient été vidées par des internes en pharmacie sur ordre de leurs chefs. J’étais très en colère de constater cette pénurie et je l’ai exprimé lors d’une émission télévisée. L’AP­HP a immédiatement réagi par un communiqué disant que c’était de l’intox et que les stocks étaient bien sécurisés. J’ai alors reçu un coup de fil d’un journaliste de Libération qui m’accusait de colporter de fausses informations. Je me suis fait un plaisir de lui transférer le courriel de l’AGEPS qu’il a eu l’honnêteté de publier. Mon collègue chef de service de la réanimation a de son côté passé un coup de fil sur un ton ferme à un directeur adjoint de l’AP­HP. Grâce à ces deux coups de gueule un carton d’hydroxychloroquine a été livré à l’hôpital de Garches. Le médicament a depuis toujours été délivré avec parcimonie avec juste de quoi traiter les malades hospitalisés. Sauf qu’on a abandonné les nombreux malades ambulatoires qui venaient nous voir en consultation. À qui nous ne pouvions donner une seule boîte de notre stock et qui ne pouvaient non plus avoir leur traitement en pharmacie puisque les officines en étaient également démunies… »
Et Douste est arrivé… « Durant la crise sanitaire du Covid­19 ce qui a franchement été admirable en revanche, c’est l’entraide entre soignants. Cette entraide a également été forte entre médecins y compris venus de l’extérieur ou d’autres services de mon groupe hospitalier pour prêter main­-forte. Par exemple le Pr Philippe Douste-­Blazy (médecin cardiologue, ancien ministre de la Santé à deux reprises) est venu nous aider à la régulation du SAMU pour ne citer que lui. Nous avons également lancé ensemble et avec d’autres collègues, l’appel de Garches du 3 avril 2020. Cet appel était sous la forme d’une pétition aux Français. Elle demandait d’autoriser la prescription d’hydroxychloroquine par tous les médecins y compris pour les formes pas trop graves. Le 13 avril, jour du discours de notre Président plus de 500 000 personnes avaient signé ladite pétition, un record historique. Mais ça n’a pas fait ciller le Président. On attend toujours ! » (p. 164). Quelle indulgence ! Cela dit il règle ses compte au macro-président au chapitre suivant, en rappelant sa phrase lors du discours va-t-en-guerre du 16 mars : « Évitez l’esprit de panique de croire dans toutes les fausses rumeurs, les demi­-experts ou les faux-­sachants » (p. 165). Il rappelle plaisamment que « le Collectif Inter Urgences dépose plainte « contre X », même si X tout le monde sait que c’est le Xouvernement… Parce que la plainte est « pour abstention volontaire de prendre les mesures visant à combattre un sinistre », « homicide volontaire », « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ». Et que le collectif dit saisir la justice « dans l’objectif d’accélérer la prise de décision du gouvernement pour une livraison urgente de matériel médical » (p. 167). Il nous en rappelle une bonne de celle qui est Sibeth : « Le 26 mars sur LCI, Sibeth déclare : « C’est très facile de critiquer et de faire en permanence des polémiques sur tout. Moi je suis au quotidien au front pour essayer d’expliquer aux Français ce qu’on vit en ce moment. Ce n’est pas forcément tous les jours évident ». Pauvre choute ! Perronne (et nous) tombe des nues en lisant une grande interview de Jean­François Delfraissy le 12 avril dans le journal italien La Repubblica : « L’épidémie recommencera à courir. Et nous devrons être prêts contrairement à ce qui s’est passé la première fois » […] « Tout Français devrait les [les masques] avoir et les porter s’il le souhaite. Aujourd’hui ce n’est pas le cas » (p. 174).
Fait rare, on relève dans les remerciements, un paragraphe consacré à la collaboration étroite avec Ambre Bartok pour rédiger le livre qui prouve que ce n’est pas un simple nègre littéraire (ghost writer en angliche si vous préférez le politiquement correct).

- Dans une entrevue du 2 juillet sur TV5 monde, Christian Perronne en dit un peu plus sur son utilisation du protocole Raoult à Garches.

- Voir un article sur ce livre de Laurent Mucchielli, dont j’ai tiré le dessin de la bouée.
- Ouest France nous apprend qu’un certain nombre d’ordures des officines de la médecine fasciste sont hyper-réactifs pour faire condamner Perronne, alors qu’ils ont été et demeurent hyper lents pour soigner les gens.
- Si vous avez aimé le mezze Perronne, vous aimerez le ragoût Épidémies. Vrais dangers et fausses alertes, de Didier Raoult.
- Retournez à mon journal de confinement ou journal de déconfinement.

Lionel Labosse


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