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Une histoire de filles qui fait vibrer les machos !

Entrevue de Nathalie Le Gendre

Auteure d’Automates (Mango, 2005)

samedi 28 avril 2007, par Lionel Labosse

Comme beaucoup, je me suis posé la question sur mon identité sexuelle, ado. Car plus jeune, j’avais du mal à m’identifier à une femme. Je trouvais que j’avais des deux côtés avec une bonne dose de garçon manqué. En fait, j’étais persuadée d’être une androgyne, comme Andhré-Ann…

- Lionel Labosse, pour altersexualite.com : merci d’avoir accepté de répondre à notre entrevue. Pouvez-vous répondre pour commencer à notre critique de votre ouvrage ?
- Votre critique me touche beaucoup et je suis fière que ce roman soit répertorié sur votre site. En ce qui concerne le milieu de la littérature jeunesse, j’observe que les mentalités évoluent et tant mieux ! Bon, ce n’est pas encore ça, mais on va y arriver…

- Présentez-vous en quelques mots. Combien de livres avez-vous publié en littérature jeunesse ? Quels genres ?
- Mon quatrième roman en littérature jeunesse sera disponible à partir du 10 février 2006. Toujours dans la collection Autres Mondes aux Éditions Mango — donc de l’anticipation. J’ai également publié deux nouvelles dans le même genre.

- Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un livre qui aborde – de près ou de loin – les questions altersexuelles ?
- Les thèmes de mes romans viennent toujours d’un déclic qui me fait hurler ou vibrer. Pour Automates, je voulais toucher les adolescents et dénoncer ce tabou de l’homosexualité qui persiste encore. Oui je dénonce et j’aime mettre le doigt là où ça fait mal tout en prenant un plaisir fou à raconter une histoire avec mes personnages qui sont très présents en moi lors de l’écriture.

- Votre position d’auteur est-elle militante ? Vous inscrivez-vous dans la perspective de faire évoluer les mentalités, de banaliser l’altersexualité ? Préférez-vous raconter des histoires qui vous touchent et toucheront vos lecteurs ?
- Militante, je ne sais pas. Moi, ce qui m’insupporte ce sont les injustices et les gens qui rejettent la différence. Alors, j’utilise, tant qu’on en a encore la possibilité, mon droit à la liberté d’expression pour partager et échanger. C’est aussi pour cela que j’aime être publiée en jeunesse, car les rencontres avec les lecteurs sont très enrichissantes, fortes émotionnellement et pures.

- Si l’on parle d’amour doit-on aussi parler de sexualité et de passage à l’acte sexuel selon l’âge auquel on s’adresse ? Vous imposez-vous des limites ? Lesquelles ?
- On peut parler de tout en adaptant notre vocabulaire et nos explications selon les âges. Pour ce qui est de la sexualité… il n’y a rien de plus naturel ! Pourquoi la masquer ? Dans mes romans, je ne tomberai jamais dans les descriptions pornographiques ou crues. C’est ma seule limite et ce autant pour les ados que pour les adultes.

- Quelles est votre implication personnelle, la part d’autobiographie dans votre roman ?
- Comme beaucoup, je me suis posé la question sur mon identité sexuelle, ado. Car plus jeune, j’avais du mal à m’identifier à une femme. Je trouvais que j’avais des deux côtés avec une bonne dose de garçon manqué. En fait, j’étais persuadée d’être une androgyne, comme Andhré-Ann. Aujourd’hui, je ne suis pas lesbienne, mais que nous réserve l’avenir ?

- Quelles difficultés particulières avez-vous rencontrées dans l’écriture de votre livre ? Comment a-t-il été accueilli par les éditeurs, auprès de la presse, du milieu scolaire ?
- Je n’ai rencontré aucune difficulté pour écrire ce roman. Je dis ce que je ressens et ce que je pense par la voix de mes personnages. Je me dédouble et je me laisse transporter dans un autre monde où mon imagination fuse. Aucun souci du côté de mon éditeur. Il faut dire que j’ai la chance d’être avec des personnes qui osent avancer et qui me soutiennent à fond. Mon directeur de collection a dit « OK » dès que je lui ai soumis le thème d’Automates, sans réticences. Ce roman passe très très bien auprès des adolescents. Aussi bien pour les filles que pour les garçons et j’en suis surprise. D’une, le personnage principal est une fille (j’aurais pensé que les garçons rechignent à lire le livre) et de deux, on est en plein dans l’univers de la moto… univers macho ! Et là, j’imaginais que les lectrices allaient détester. Bien, c’est tout l’inverse et tant mieux, même auprès des adultes.

- Votre livre a-t-il été traduit ?
- Non, mais je ne suis pas contre, bien au contraire ! Surtout pour des sujets aussi épineux.

- Quels sont vos projets ?
J’ai deux romans en tête et une nouvelle. Mais je suis superstitieuse et je ne dévoilerai rien de plus. Je voudrais également écrire des carnets de voyage avec mon ami qui est photographe.

- Nathalie Le Gendre est l’objet d’une censure éditoriale en février 2007 pour la parution de son prochain roman. Voir le dossier sur le site Actu SF.

Propos recueillis par Lionel Labosse.


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