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Per una educazione antiomofoba e rispettosa della altersexualité…

Un article de il manifesto

ossia della sessualità non strettamente etero

vendredi 14 mars 2008, par Lionel Labosse

Article de Francesca Lazzarato paru dans Il Manifesto du 2 Mars 2008
« Pagine per giovani lettori riluttanti »
Due recenti romanzi, « Oh, boy ! » di Marie Aude Murail e il « Diario di una schiappa » di Jeff Kinney, presentano agli adolescenti un mondo che per fortuna non coincide cone le fosche visioni degli atei devoti

Dans l’Italie de Benetti, Ratzinger et Ferrara entourée des nuages d’une nouvelle et folle conformité et d’une vieille et tenace hypocrisie, une initiative de ce genre serait probablement impensable. Mais en France existe depuis 8 ans, sans susciter censure ou embarras particuliers, le site HomoEdu (HomoEdu.com) géré par un collectif d’enseignants intentionnés à fournir aux collègues et aux parents, quelle que soit leur orientation sexuelle des instruments pédagogiques pour une éducation antihomophobe et respectueuse de l’altersexualité ou de la sexualité non strictement hétéro. Riche de notices, bibliographies et propositions animées de débats continus, HomoEdu s’occupe aussi de livres pour enfants critiqués par Lionel Labosse et dresse, entre autre, une liste de textes conseillés. Les « Isidor » qui permettent de défendre la thèse (altersexuelle) à travers des contes, romans, albums illustrés ou petits poèmes enchanteurs, comme Mehdi met du rouge à lèvres de David Dumortier (Cheyne 2006), dans lequel un des meilleurs parmi les jeunes poètes français raconte avec une émouvante simplicité l’histoire d’un garçon qui, dès son plus jeune âge, se perçoit comme une fille. Il s’agit souvent d’excellents livres qui pratiquement ne sont jamais arrivés jusqu’au public italien, spécialement aux adolescents.

C’est pourquoi, la sortie d’un roman comme Oh boy !, de Marie Aude Murail (Giunti, 187 pages, 11,80 €) ne peut que rendre curieux et même consoler, comme une Hirondelle qui malheureusement ne fait pas le printemps mais s’est matérialisé de façon magique sur les étagères des librairies. Il faut le dire Oh boy !, présenté par HomoEdu est à l’instar d’un petit classique. En France, il est sorti en 2000, adoré des très jeunes lecteurs, avec raison. Il s’agit d’un roman écrit d’une manière exquise, M.A. Murail est un des meilleurs auteurs français pour enfants, attentive au style et à la forme, et surtout capable de traiter un sujet tout autre que léger avec une saine nonchalance pour le politiquement incorrect et un délicieux humour de comédie brillante. Tout à fait digne de l’épigraphe de Romain Gary qui précède le premier chapitre : « L’ironie est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. » Paraphrasant Mark Twain dans Huckleberry Finn, on peut ajouter que quiconque est tenté de considérer ce livre comme un roman à thèse sera puni par la loi, parce que l’histoire de Venise Morgane et Siméon Morlevent (abandonnés par le père et orphelins d’une mère qui s’est suicidée en buvant de l’Anitra WC) refuse l’idée même d’un texte militant. Se limitant au contraire à raconter la vie comme elle est, affrontant l’histoire de deux fillettes et un garçon qui se retrouvent seuls au monde, enfermés dans un orphelinat duquel ils sortiront seulement si quelqu’un décide de s’en occuper : par exemple une demi-sœur homophobe qui veut adopter uniquement la petite Venise (ravissante blonde et fanatique collectionneuse de Barbie) ou l’effervescent Bart, le demi-frère gay, ambigu et impersonnel. Au début, horrifié à l’idée de s’occuper de parents très jeunes et inconnus. L’histoire se complique avec la maladie de Siméon et des personnages de second plan réussissent à l’animer. Une juge tutélaire rêveuse et chocolatomane, une voisine maltraitée (et puis heureusement veuve d’un mari représentant de sous-vêtement, mort laissant derrière lui « plus de soutiens-gorges que de regrets », un médecin fascinant et réservé qui à la fin cédera à la fascination de Bart, et, ainsi malgré l’acide demi-sœur qui déclare à tout bout de champ qu’« un homosexuel ne peut élever des enfants ». Les Morlevent deviendront une famille née d’un choix et d’une rencontre qui les a changés, fondée sur l’affection, la solidarité, les querelles, la tolérance. Une famille égale à toutes les autres et justement diverse de toutes les autres, une de ces si nombreuses familles possibles dans un monde qui ne coïncide pas avec les sombres visions des athées, dévots et des papes allemands.

En comparaison avec la production courante des livres pour adolescents, le roman de M.A Murail (agréable aussi pour les adultes) indique une route à parcourir : celle qui voit les jeunes lecteurs comme des êtres humains capables de raisonner et de tirer par eux-mêmes leurs propres conclusions, plutôt que des consommateurs auxquels plaire, leur proposant livres et spectacles outrageusement bâclés et simples à l’excès, dans lequel l’horizon se rétrécit jusqu’à considérer les dimensions d’un miroir où l’on se contemple à l’infini.

Différent mais agréable et adapté aux enfants un peu plus jeunes est « Diary of a Wimpy Kid » de Jeff Kinnery (Il Castoro, 217 pages, 11 €). Un livre qui aux États-Unis est devenu un cas. Publié il y a moins d’un an, il a occupé la première place au classement du New York Times durant quarante semaines. Écrit en caractères d’imprimerie sur des pages qui imitent un cahier d’écolier à rayures et ponctué de gravures, il pourrait faire penser à un quasi « graphic novel » pour enfants de 11 ans et raconte dans un langage synthétique la vie d’un antihéros empoté et nullement « populaire » qui se débrouille avec les « durs » de son école, qui, comme les nôtres, en sont remplis. L’ami de cœur, un peu sot, le frère aîné, toujours prêt à faire des plaisanteries vaguement sadiques, les parents qui manquent de bon sens. Un texte adapté aux lecteurs « réticents » ou désireux de se confronter avec un personnage qui connaît leurs difficultés quotidiennes, et réussit malgré tout à croître et à ne pas perdre le sens de l’humour, comme le mythique Adrian Mole de Susan Townsend, archétype impossible à atteindre des journaux de ce type. Il ne faut pas oublier que le livre est né sur la toile parce que l’auteur a commencé à raconter les aventures de Greg, le héros, sur un site pour enfants. On calcule qu’environ quarante millions d’enfants ont lu en vidéo le « Diary of a Wimpy Kid » qui devrait faire réfléchir sur le présent abandon de la lecture par les pré-adolescents. Lire n’est pas forcément une activité liée aux pages d’un livre, et aujourd’hui, il faut en prendre acte. Le succès spontané a convaincu Kinnery à déplacer son anti-héros sur des pages de livres, réveillant un consentement extraordinaire, signe du fait que souvent derrière les autres ventes (il y a un doping du marketing) et que le pouvoir de la toile peut agir à la barbe même de Harry Potter.

Francesca Lazzarato

- Traduction de Guy Puccio pour HomoEdu. Merci !

L’article en langue originale :

Nell’ Italia della Binetti, di Ratzinger e di Ferrara, avvolta nelle nubi di una nuova e dissennata Controriforma e di una vecchia e tenacissima ipocrisia, un’iniziativa del genere sarebbe probabilmente impensabile, ma in Francia esiste da otto anni, senza suscitare censure o particolari imbarazzi : è il sito HomoEdu (homoedu.free.france), gestito da un collettivo di insegnanti intenzionati a fornire a colleghi e genitori, qualunque sia il loro orientamento sessuale, strumenti pedagogici per una educazione antiomofoba e rispettosa della altersexualité, ossia della sessualità non strettamente etero.
Ricco di notizie, bibliografie e proposte, animato da continui dibattiti, HomoEdu si occupa anche di libri per bambini recensiti in modo puntuale da Lionel Labosse, e compila fra l’altro una lista di testi consigliati, gli « Isidor », che permettono di affrontare l’argomento attraverso racconti, romanzi, album illustrati o poemetti incantevoli come Medhi met du rouge à lévres di David Dumortier (Cheyne 2006), in cui uno dei migliori fra i giovani poeti francesi racconta con commovente semplicità la storia di un bambino che sin da piccolissimo percepisce se stesso come una bambina.

Si tratta di libri spesso eccellenti e che quasi mai sono arrivati fino al pubblico italiano, specie a quello adolescente. È per questo che l’uscita di un romanzo come Oh boy ! di Marie Aude Murail (Giunti, pp.187, euro 11,90) non può non incuriosire e perfino consolare, come una rondine che magari non farà primavera, ma che intanto si è magicamente materializzata sugli scaffali delle librerie.

Neanche a dirlo, Oh boy ! è proprio uno degli Isidor, entusiasticamente proposto da HomoEdu come un piccolo classico - in Francia è uscito nel 2000 - adorato dai lettori giovanissimi, e con ragione ; si tratta infatti di un romanzo squisitamente scritto (la Murail è una delle migliori autrici francesi per ragazzi, attentissima allo stile e alla forma) e soprattutto capace di trattare una serie di argomenti tutt’altro che lievi con una sana noncuranza per il politically correct e un delizioso umorismo da commedia brillante, in tutto degno dell’epigrafe di Romain Gary che precede il primo capitolo : « L’ironia è una dichiarazione di dignità, un’affermazione della superiorità dell’uomo su ciò che gli capita ».

Parafrasando il Mark Twain di Huckleberry Finn, si potrebbe aggiungere che « chiunque sia tentato di considerare questo libro come un romanzo a tesi verrà punito a termini di legge », perché la storia di Venise, Morgane e Siméon Morlevent (abbandonati dal padre e orfani di una madre che si è suicidata bevendo l’Anitra WC) rifiuta l’idea stessa di proporsi come testo militante. Si limita invece a raccontare la vita com’è, affrontando la storia di due bambine e un ragazzo che si ritrovano soli al mondo, chiusi in un orfanotrofio da cui usciranno solo se qualcuno deciderà di prendersene cura : per esempio una sorellastra omofoba che vuole adottare solo la piccola Venise (incantevole biondina e fanatica collezionista di Barbie), o l’effervescente Bart, il fratellastro gay promiscuo e scriteriato, inizialmente inorridito all’idea di occuparsi dei piccoli e ignoti parenti.

La storia si complica con la malattia di Siméon, e riusciti personaggi di contorno si affacciano a movimentarla : una giudice tutelare sognatrice e cioccolatomane, una vicina maltrattata (e poi felicemente vedova di un marito rappresentante di biancheria intima, morto lasciando dietro di sé « più reggiseni che rimpianti »), un medico affascinante e riservato che alla fine cederà al fascino di Bart. E così, nonostante l’acida sorellastra noti a ogni pié sospinto che « un omosessuale non può crescere dei bambini », i Morlevent diventeranno una famiglia nata da una scelta e da un incontro che li ha cambiati, fondata su affetto, solidarietà, litigi, tolleranza. Una famiglia uguale a tutte le altre e giustamente diversa da tutte le altre, una delle tante famiglie possibili in un mondo che non coincide con le cupe visioni di atei devoti e papi tedeschi.

Se confrontato con la corrente produzione per adolescenti, il romanzo della Murail (piacevole anche per gli adulti) indica una strada da percorrere : quella che vede i giovani lettori come esseri capaci di ragionare e di trarre da soli le proprie conclusioni, piuttosto che come consumatori da lusingare proponendo loro libri e spettacoli oltraggiosamente sciatti e semplificati all’eccesso, in cui l’orizzonte si restringe sino a coincidere con le dimensioni di uno specchio dove contemplarsi all’infinito.

Di diversa impostazione, ma gradevole e adatto a ragazzi un po’ più giovani è Diario di una schiappa di Jeff Kinney (Il Castoro, pp. 217, euro 11), un libro che negli Stati Uniti è diventato un caso : pubblicato meno di un anno fa, ha occupato il primo posto nelle classifiche del « New York Times » per quaranta settimane. Scritto a stampatello su pagine che simulano un quaderno a righe e punteggiato di vignette, potrebbe far pensare a una quasi-graphic novel per undicenni, e racconta con linguaggio sintetico la vita di un antieroe imbranato e per nulla « popolare », che si destreggia tra i bulli da cui la sua scuola (come le nostre) è piena, l’amico del cuore un po’ tonto, il fratello maggiore pronto a fare scherzi vagamente sadici, i genitori irragionevoli.

Un testo adatto a lettori « riluttanti » o desiderosi di confrontarsi con un personaggio che conosce le loro difficoltà quotidiane e riesce comunque a crescere e a non perdere il senso dell’umorismo come il mitico Adrian Mole di Susan Tonwsend, capostipite irraggiungibile dei diari di questo tipo. E non va dimenticato che il libro è nato in rete, perché l’autore ha cominciato a raccontare le avventure di Greg, il protagonista, su un sito per ragazzi (funbrain.com/journal/Journal.html). Si calcola che quasi quaranta milioni di ragazzi abbiano letto in video Il diario di una schiappa, il che dovrebbe far riflettere sul presunto abbandono della lettura da parte dei preadolescenti : leggere non è per forza un’attività legata alle pagine di un libro, ed è ora di prenderne atto. Lo spontaneo successo ha convinto Kinney a trasferire il suo antieroe su carta stampata, riscuotendo consensi straordinari, segno del fatto che non sempre dietro le alte vendite c’è il doping del marketing, e che il potere della rete può farla in barba perfino a Harry Potter.


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