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Un récit sur le sida, pour les 6e / 5e.

Mais il part… de Marie-Sophie Vermot

Éditions Thierry Magnier, 2005, 121 p., 7 €.

samedi 28 avril 2007, par Lionel Labosse

Un fond de tiroir qui n’apporte rien qui n’ait été mieux dit et redit, que ce soit sur le sida, sur l’homosexualité, et sur les rapports parents / enfants.

Résumé

Saül fait la connaissance fortuite de Kyle Henderson, dont il a « sauvé » la chienne Lola. Kyle l’engage pour promener cette chienne deux fois par semaine, au lieu du voisin, qui est bien gentil mais a d’autres chats à promener. Vous vous demandez immédiatement pour quelle raison ce monsieur peut bien payer quelqu’un pour promener un chien. Eh bien ! les parents de Saül ne se le demanderont pas, seul les préoccupe le souci que leur fils ne se fasse pas exploiter, et que ce petit boulot ne l’empêche pas de bosser son bac de français. Donc Kyle a le sida, son compagnon est mort deux ans auparavant, et lui en est au stade terminal, il refuse de prendre ses médicaments. Saül ne veut pas s’en faire un ami, ce n’est que l’argent qui l’intéresse, pour acheter une guitare électrique. Il s’enferme cependant dans le silence, de peur que ses parents ou ses copains ne sortent « des conseils à n’en plus finir » (p. 70). Arrive Bettina, la nièce de Kyle, qui prend plus ou moins le relais quand la fin devient inéluctable. Ayant mal interprété une remarque de Bettina, Saül se met en colère et dit : « Je n’en suis pas un » (p. 89). Dans les derniers jours, il se rapproche de Kyle, le considère comme un ami, bien qu’il n’ait quasiment aucun échange direct avec lui. Il lui a fallu enfin dire la vérité à ses parents, des profs qui semblent avoir autant d’humanité qu’une enclume.

Mon avis

« Il était passé de la révolte à l’apprentissage de soi » : c’est sur ces mots que le récit se termine, nous laissant imaginer la mort de Kyle et la cérémonie funèbre, qui pourtant auraient pu donner du sens. Si Anne-Sophie Vermot éprouve le besoin de l’écrire, sans doute a-t-elle pensé que le lecteur serait passé à côté du message… Nous sommes également passé à côté du mystère du titre. Non, nous avions pensé beaucoup de bien de Comme le font les garçons et de Athènes autrefois puissante, mais ce dernier texte a tout du fond de tiroir, et l’on se demande comment l’auteure de ces deux récits sobres et subtils a pu commettre ce pensum où la lourdeur du pathos le dispute à la platitude du style. On fait du remplissage en décrivant une cour d’immeuble ou les recommandations banales des parents, et il est
difficile d’imaginer que tous les personnages, jusqu’aux copains de Saül, soient aussi dépourvus d’altruisme, comme le sont les personnages en perdition des deux autres romans évoqués ci-dessus. Que peut bien apporter un tel texte en 2005, après tant de romans déjà chroniqués sur notre site ? Prière de lire et de relire La nuit du concert, qui date de 1986 ! À noter que l’éditeur signale ce texte pour les 3e et plus, mais si l’on n’a vraiment rien d’autre sous la main, seuls des 6e / 5e peuvent être assez indulgents…

- Lire, sur « Culture et Débats » le point de vue de Jean-Yves.

Lionel Labosse


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