www.altersexualite.com

Bienvenue sur le site de Lionel Labosse

Accueil > Cours & documents pédagogiques > L’arbre à tchatche (découverte de la culture africaine)

Correspondance France / Burkina Faso

L’arbre à tchatche (découverte de la culture africaine)

Itinéraire de découverte 4e.

lundi 2 avril 2007, par Lionel Labosse

Ce projet a germé à partir d’un voyage touristique personnel. Passant à Loropéni, bourgade perdue au sud du Burkina Faso, ne possédant à l’heure actuelle ni eau courante, ni électricité, j’ai constaté que les infrastructures, notamment scolaires, étaient insuffisantes, mais que la région recelait un potentiel extraordinaire d’enseignements pour notre population scolaire. Je savais que la ville dont dépend le collège Romain-Rolland était jumelée depuis 1989 avec Loropéni, et je me suis étonné qu’il n’y ait jamais eu dans l’un des trois collèges de projet pédagogique d’envergure dans ce cadre. Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups, contribuer au développement d’une ville jumelée, tout en permettant le développement personnel de nos élèves, en les mettant en contact avec la culture d’un pays francophone, culture à la fois différente et familière ?

Correspondance entre le CEG de Loropeni (Burkina Faso) et le Collège Romain-Rolland, Tremblay-en-France (France), dans le cadre du jumelage coopération de Tremblay-en-France et Loropéni.

La parole est comme les cigognes, elle est d’ici, elle est d’ailleurs
Et ce vol au long cours élève sa pensée
Et si on plantait à cheval sur nos deux continents
un arbre, qui ne soit ni un baobab / ni un chêne, mais un arbre à tchatche ?
Les cigognes migratrices pourraient s’y reposer / et nous partagerions ses fruits à distance.

Un projet « citoyen »

Le Burkina Faso et plus particulièrement le pays Lobi où se situe Loropéni, sont des exemples parfaits d’intégration, susceptibles de fournir à nos élèves et à nous-mêmes des pistes de réflexion sur ce thème. L’exemple de la coexistence pacifique de l’islam, du christianisme (catholicisme et protestantisme) et de l’animisme (majoritaire à Loropeni) peut apporter un éclairage intéressant sur la société française. Le Burkina Faso montre en outre des exemples de syncrétisme entre ces trois religions, avec par exemple une église chrétienne dont le clocher représente un masque bobo, ou ces mosquées dont les minarets sont couronnés d’œufs d’autruches.

Objectifs pédagogiques

- S’exprimer à l’oral dans un atelier d’échanges au collège, faisant intervenir différents partenaires, notamment des mères (et pères) d’élèves.
- Élaborer un spectacle de contes africains (travail de l’oral), avec le conteur Rogo Koffi Fiangor.
- Mieux connaître la culture, l’histoire et la géographie de l’Afrique et du monde noir, l’Afrique de l’Ouest en particulier, sans se limiter à Loropeni, au pays Lobi ou même au Burkina Faso (civilisation, religions, littérature francophone (ou autre) écrite et orale, arts…)
- Mieux connaître le patrimoine local des deux côtés pour le faire découvrir à ses correspondants, et pour inscrire le concept de développement dans le temps et dans l’espace, et donc le relativiser.
- S’exprimer à l’écrit avec de vrais destinataires, dans le cadre d’une correspondance scolaire avec un pays francophone.
- Élaborer et utiliser des documents de travail en coopération (exposés, fiches de lectures, dossiers documentaires…)
- Mieux se connaître soi-même grâce au rapport épistolaire à autrui.
- Construire un documentaire (film ou journal) sur le Burkina Faso, après un voyage envisagé en 2002/03.

Classes concernées

Ce projet pourrait être considéré comme un « itinéraire de découverte » de la catégorie « arts et humanités », avec dominantes français / histoire-géo / arts-plastiques. Il est appelé à se développer au fil des ans. Après une première année concluante qui nous a permis de mettre en rapport 27 élèves de 4e de part et d’autre, nous souhaitons pérenniser le projet sur la base d’une classe de niveau 4e. Lors de cette première année, nous avons noué des premiers contacts, mais il ne nous a pas été possible d’élaborer un véritable projet commun. C’est une des raisons pour lesquelles, dès cette deuxième édition, il nous paraît indispensable de mettre en place des voyages scolaires entre les deux collèges. Le rapport direct nous permettra de nouer de véritables liens de coopération.

Contenu des échanges et exemples de réalisations

Notre souhait est que les correspondances se basent sur un contenu culturel, qui permette de mettre en pratique les objectifs théoriques de l’enseignement, notamment du français et de l’histoire-géographie-instruction civique, avec des destinataires non virtuels. L’axe central est un échange sur l’Afrique et sur la littérature africaine, notamment francophone (sous-représentée dans les études de lettres en France), ainsi que sur le patrimoine local des deux localités.
- Un premier travail a été la réalisation d’une lettre personnelle de présentation, au terme d’une séquence sur le portrait. Les 27 rédactions ont été envoyées à Loropéni. En parallèle, dix premières lettres envoyées par les élèves de Loropéni nous sont parvenues avant que nous ayons envoyé les nôtres. Elles ont été lues à haute voix et commentées en classe. Dans ces lettres, les élèves de Loropéni précisent leurs diverses religions, et demandent à leurs correspondants d’en faire autant, ce qui a permis au sein de la classe des échanges constructifs. Dans le même temps, le lycée de Tremblay se trouvait paralysé par une grève pour une question de port de voile par des élèves musulmanes…
- Fiche de lecture sur un livre relatif à l’Afrique ou au monde noir, réalisée sous la forme d’un dépliant publicitaire soit à la main, soit à l’ordinateur, en utilisant des notions acquises en technologie. Ces dépliants ont été envoyés à Loropéni. Nous souhaitons que les élèves et les professeurs sélectionnent un livre, lequel sera lu et étudié en commun l’an prochain. Cela permettra le « tuilage », c’est-à-dire la transmission du projet sur deux années. Les élèves de 2001/2002 auront préparé le terrain pour l’année suivante. De la même façon, ils pourront participer à l’atelier de l’arbre à tchatche pour les premières séances, et transmettre ce qu’ils auront appris.
- En arts plastiques, recherches sur l’art africain ; analyse d’œuvres. Notion d’influence culturelle. Travail en volume : création d’un instrument de musique ou d’un masque à partir de matériaux de récupération. Création d’une lettre pour le correspondant. La lettre allie un travail de rédaction et un travail plastique pour devenir un objet artistique, surprise, trésor, cadeau, fait à son destinataire. Analyse de travaux d’art postal et de documents présentant des rapports entre texte et image (calligraphie, calligramme, mot-image, lettrine, enluminure, tag, graph, phylactère, etc.)
- La technologie et la musique ont aussi fait partie du projet cette année, mais certaines actions envisagées n’ont pas pu être réalisées. L’an prochain, le projet sera réorienté grâce à la participation d’une professeure d’histoire-géographie.

Projet coordonné et initié par Lionel Labosse.

- Lire l’ensemble du bilan pédagogique sur le site Innovalo (page malheureusement supprimée…)

- Voir une séance sur un texte de Léopold Sédar Senghor au lycée, un article sur Les Bouts de bois de Dieu, de Ousmane Sembène, et sur Fille des Crocodiles, de Marie-Florence Ehret.
- Un article sur un voyage au Bénin et au Togo.
- Un article sur Le Soleil brille pour tout le monde, de John Ford, et sur la place des noirs dans le cinéma américain.


Voir en ligne : Projet sur le site Innovalo


© altersexualite.com, 2007.
Illustration de Matemma (site malheureusement disparu).