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La plume, toujours la plume, rien que la plume.

Maintenant, il faut des armes, d’Auguste Blanqui

Textes choisis et présentés par Dominique Le Nuz, La Fabrique, 2006

dimanche 15 juillet 2012, par Lionel Labosse

Auguste Blanqui figure en bonne place au panthéon des révolutionnaires, avec ses 36 années passées en prison. Il ne fut pas toujours le vieux révolutionnaire à barbe blanche des images d’Épinal, si l’on en croit le portrait fait par sa femme Amélie Suzanne Serre exposé au musée Carnavalet : attention, beau gosse ! Cette anthologie fort bien faite nous apprend d’ailleurs que Blanqui « s’évade de l’hôpital Necker déguisé en femme » le 27 août 1865 (p. 246) ! Voici donc quelques citations brut de décoffrage d’un grand homme rouge à barbe blanche. Si j’ai lu ce livre c’est parce que le hasard m’a fait enseigner dans un établissement qui porte son nom…

« puisque les hommes de pouvoir n’entendent que lorsqu’on parle haut, nous nous mettrons en demeure d’être écoutés. Aussi bien, la leçon est excellente pour nous enseigner qu’en fait de liberté, il ne faut pas attendre, mais qu’il faut prendre. »
(Déclaration du Comité provisoire des Ecoles, Le Globe, 22 janvier 1831).

« Si on examine quelles sont les sources de la richesse sociale, on trouve qu’elle réside exclusivement dans l’intelligence et le travail. C’est en effet par le travail et l’intelligence que la société vie et respire, grandit et se développe, et si ces deux forces se retiraient d’elle un seul instant, elle tomberait aussitôt en dissolution, et tous ses membres périraient comme par une soudaine catastrophe. » (p. 115)
« Hélas ! l’humanité a toujours marché avec un bandeau sur les yeux, et ce n’est qu’à de longs intervalles qu’elle le soulève un instant, pour entrevoir et rallier la route qu’elle suit le plus souvent en aveugle. Chaque pas qu’elle fait dans la voie du progrès écrase le guide qui le lui fait franchir, et il faut qu’elle prenne d’abord pour victimes ceux dont plus tard elle doit faire ses héros. » (p. 121)
(« La richesse sociale doit appartenir à ceux qui l’ont créée », Le Libérateur, n°2, février 1834).

« L’instruction vaut mieux pour les hommes que cinquante Californie »
(Projet de discours, août 1867, p. 240).

« Des milliers de jeunes gens instruits, ouvriers et bourgeois, frémissent sous un joug abhorré. Pour le briser, songent-ils à prendre l’épée ? Non ! La plume, toujours la plume, rien que la plume. Pourquoi donc pas l’une et l’autre, comme l’exige le devoir d’un républicain ? En temps de tyrannie, écrire est bien, combattre est mieux, quand la plume esclave demeure impuissante. Eh ! bien, point ! On fait un journal, on va en prison, et nul ne songe à ouvrir un livre de manœuvres, pour y apprendre en vingt-quatre heures le métier qui fait toute la force de nos oppresseurs, et qui nous mettrait dans la main notre revanche et leur châtiment. »
(Instructions pour une prise d’armes, 1868)

Enseignement militaire de la jeunesse
Article premier. L’enseignement militaire se donne dans les écoles primaires, les collèges, les lycées, les écoles professionnelles et au foyer paternel, à tous les enfants, depuis l’âge de huit ans jusqu’à dix-huit ».
(L’armée esclave et opprimée, 31 octobre 1880, p. 422)

C’est dans cet opuscule qu’il évoque le « parti destructeur, dit conservateur par antiphrase » (p. 400). Blanqui n’a eu de cesse de dénoncer l’armée de métier. Pour lui, chaque citoyen, mâle, ça va de soi, participe à l’armée le temps nécessaire, puis revient à ses affaires, à l’instar de « Cincinnatus, à l’appel du danger, quittant sa charrue pour la dictature, et bientôt, le péril passé, quittant la dictature pour sa charrue. » (p. 407).

Lionel Labosse


Voir en ligne : Naissance d’Auguste Blanqui sur l’éphéméride anarchiste


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