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Sur les échauffourées du 27 mars 2007

La Gare du Nord et la goutte d’eau

Urbanisme et urbanité

mercredi 28 mars 2007, par Lionel Labosse

Je suis un utilisateur quasi-quotidien depuis une quinzaine d’années de la Gare du Nord. Pendant 5 ans, habitant et travaillant en Seine-Saint-Denis, je laissais ma voiture auprès d’une gare du RER B ou E pour me rendre à Paris pour mes loisirs ; puis j’ai emménagé à Paris 18e, vendu ma voiture et utilisé le RER pour me rendre sur mon lieu de travail quatre fois par semaine ; enfin depuis deux ans j’ai obtenu une mutation dans une ville plus proche de Paris, où je me rends en bus, en attendant la prochaine prolongation du métro (ligne 12) ; et j’utilise la Gare du Nord fréquemment pour mes déplacements sur Paris ou en banlieue. Ces informations nombrilistes sont nécessaires pour préciser que les remarques subséquentes sont inspirées par un vécu.

Les échauffourées du 27 mars 2007 à la Gare du Nord ne m’ont pas surpris, et elles sont amenées à se reproduire fréquemment (sans parler de provocations policières plus ou moins préméditées afin de créer de toutes pièces un sarkotropisme dans l’opinion publique à quelques semaines des élections ; attendons qu’un livre paraisse sur le sujet dans les six mois, comme d’habitude). En effet, des décideurs, à mon avis incompétents ou vénaux, ont laissé faire ou organisé un environnement aliénant et criminogène. Voici un certain nombre de gouttes d’eau qui, emplissant jour après jour le vase des usagers de cette gare, ne peuvent que le faire déborder. Il m’est arrivé d’avoir envie de « tout casser » dans ce trou à rats inhumain, alors comment s’étonner qu’avec des jeunes un peu plus nerveux que moi, on en arrive à ces extrémités !

1. Observez un plan du métro, et comptez le nombre de stations de RER B au nord de Paris et au sud de Paris. Tout au sud, la station Cité internationale dépose les honnêtes citoyens directement auprès du riant Parc Montsouris ; un peu plus au nord, les stations Denfert-Rochereau, puis Port-Royal au nom si prophétique, puis Luxembourg, enfin Saint-Michel, déposent l’usager au pied de son appartement cossu. Le RER se fait métro. Au centre, Châtelet permet de changer de ligne ou de profiter du centre commercial que naguère le maire de Paris Jacques Chirac a installé comme un suppositoire design au centre de la plus belle ville du monde ; puis on a Gare du Nord pour déverser ses foules de pauvres, et point barre. 5 stations au sud, une au centre, une seule au nord, alors même que sur ce tronçon, la ligne B est rejointe par la D. L’habitant des quartiers populaires (10e, 18e, 19e) n’a pas la chance du bourgeois des 14e et 5e arrondissements : il lui faut entamer ou terminer son trajet biquotidien dans des bus ou métros bondés, mais surtout, les centaines de milliers d’habitants de ces quartiers s’ajoutent à ceux des banlieues nord et est pour se fondre et fourmiller dans une des plus grandes gares du monde. Comment s’étonner alors des conséquences inévitables d’une telle concentration de personnes issues pour une grande part des classes populaires ?

2. Pourquoi traîne-t-on les pieds pour entamer la construction de stations intermédiaires qui réduiraient cette concentration et soulageraient les usagers d’un quart d’heure à une heure de trajet par jour ? La future station de la porte d’Aubervilliers, nommée Gare Rosa Parks (nom de gare SNCF fort inhabituel, décidé par qui et pourquoi ?), sur la ligne E est enfin programmée pour 2012 [ouverture repoussée à décembre 2015, note de 2013], alors qu’elle est envisagée depuis une dizaine d’années. Je n’ai jamais entendu un seul politicien parisien évoquer un pendant de la station Cité Internationale au nord de la ligne B / D, à la Porte de la Chapelle [si, entendu pour la première fois en 2012, mais impossible d’en trouver trace en 2014…]. Les habitants des quartiers populaires et populeux du XVIIIe et du XIXe, qui fournissent pourtant un grand nombre des travailleurs à bas salaire de la zone de Roissy (ou de la Plaine Saint-Denis, etc.), sont obligés de descendre Gare du Nord, puis de remonter sur Roissy. Ce sont peut-être leurs enfants qui ont causé les émeutes. Il est vrai que ces parents qui rentrent tard et épuisés du travail, et pour cause, ont sans doute moins le temps de s’occuper de leurs enfants que les riverains de la station Port-Royal, sans oublier qu’ils ont de la peine à écrire à leurs députés ou à la SNCF des lettres de protestation n’offensant pas Vaugelas.

3. Les récents travaux d’aménagement de la Gare du Nord n’ont pas consisté en l’amélioration de la vie des usagers, mais à créer de toutes pièces un immense centre commercial souterrain, avec entre autres un Monoprix et la litanie des franchisés qui pourrissent déjà tous les centres-villes de toutes les villes de France ; avec sans doute dans le cahier des charges secret, de retarder au maximum la création d’autres stations sur la ligne B / D, pour pourvoir à ces magasins le maximum de clientèle [1]. J’ai tendance à ne pas les plaindre, et si je ne me réjouis pas des émeutes, parce que j’en serai forcément la victime un jour ou l’autre, je constate tous les jours ce qu’on aurait dû faire pour éviter cette situation, et qu’on a fait exactement le contraire. Comment peut-on avoir tout fait pour retenir un maximum de gens dans ce sous-sol glauque, pour enrichir les actionnaires des chaînes de distribution, et s’étonner que des jeunes, maintenus au chômage par la mort du petit commerce dont l’extension des chaînes commerciales est le pendant, aiment s’y réunir ? Les travaux qu’aurait engagé un véritable service public, au lieu de bâtir un centre commercial, auraient consisté, par exemple, à créer une sortie directe à l’extrémité nord des quais. (Je ne parle pas de la belle vitrine du parvis, mais de ce qui se cache en sous-sol, la où grouillent les banlieusards des lignes B, D, E). Au lieu de cela, l’usager est obligé d’emprunter le couloir interminable de correspondance avec la station La Chapelle de la ligne 2. Un couloir avec des angles morts, où les caméras n’empêchent pas les agressions. Les flux ainsi créés permettent de transformer l’usager de la SNCF en client de chaines commerciales privées. La sortie par ascenseurs côté rue du Faubourg Saint-Denis, propose des appareils inadaptés, en verre, à fonctionnement manuel, donc constamment cassés et en panne pendant des semaines, voire des mois. On peut se demander pourquoi, dans un lieu de passage si intense, la SNCF n’a pas installé des ascenseurs à fonctionnement automatique, avec habillage métallique et non en verre, beaucoup moins fragiles, comme il y en a par exemple à la station Auber (RER A). [2]

4. On peut évoquer encore le type de rames choisi pour le RER D : longues rames à deux étages, avec seulement 2 portes, qui génèrent des bousculades quotidiennes et ralentissent le trafic et les voyageurs. Erreur rattrapée pour les rames plus modernes du RER B (un seul étage et 4 portes) et du RER E (deux étages et 3 portes), mais pendant combien d’années les usagers de la ligne D (la ligne la plus populaire et la plus bondée de toutes, comme par hasard) vont-ils supporter ces bousculades rendues inévitables par un matériel inadapté, conçu sans doute par quelque ingénieur qui se gausse, devant sa télévision, de cette populace de sauvages : « De mon temps, on laissait descendre avant de monter ! »

5. Il faudrait aussi trouver un moyen pour que tous les clochards et toxicomanes du nord de Paris n’investissent pas les escaliers et quais de cette immense gare. [en 2013, le gouvernement donne enfin son aval pour une expérimentation de « salle de shoot », en choisissant ce quartier. Il était temps !] On réfléchirait utilement à la décision à mon avis stupide de la RATP, de supprimer les sièges des stations de métro des quartiers nord de Paris. Par exemple à la station Marx-Dormoy, il n’y a pas un seul siège — soi-disant pour éviter les « personnes indésirables ». La RATP n’aurait jamais osé agir de cette manière dans le XVIe arrondissement. Comme si, dans les quartiers nord, il n’y avait pas non plus de personnes âgées et de femmes enceintes qui auraient besoin de sièges. Mieux, savez-vous comment s’appellent ces appuie-fesses inconfortables qui prolifèrent dans nos stations de métro pour empêcher qu’on s’assoie confortablement ? Des « appuis ischiatiques » (sic !). Je l’ai su pour avoir écrit à la RATP à l’époque où une adresse courriel était affichée. Maintenant, ce n’est plus possible, il faut se perdre dans des « FAQ » (à l’anglaise, je lis « fuck » !) ou autres numéros de téléphone surtaxés. Le problème est que, faute de sièges dans nos stations, toutes ces personnes se concentrent à Gare du Nord, où il y en a encore. Les habitants des quartiers populaires sont toujours plus mal servis que les autres. Par exemple la station citée ci-dessus est actuellement en travaux pour remplacer l’escalier mécanique, ceci jusqu’en juin 2007 (alors qu’elle avait déjà été longuement fermée pour rénovation en 2004 !) L’unique escalier d’accès, réduit à 1m50 de large, engendre des bousculades tous les jours, parce que cette station est une des plus fréquentées de Paris, mais jamais on n’a investi dans la création je ne dis pas d’une sortie à l’autre bout de quai, pourtant fort nécessaire, mais simplement d’un autre escalier qui éviterait de traverser le carrefour gris et dangereux baptisé ironiquement « Place Paul Éluard » [3]. On pourrait faire un effort, quand on compare avec le luxe inouï que la RATP a déployé pour creuser d’immenses tunnels déserts pourvus de luxueux trottoirs roulants pour créer des accès directs aux Galeries Lafayette depuis le RER E à Saint-Lazare. Milliards pour les riches, clopinettes et bousculades pour les pauvres… En 2013, inauguration du prolongement de la ligne 12 à la station Front populaire. Pas moins de quatre escaliers roulants, un ascenseur et deux sorties. À Marx-Dormoy, toujours rien. Et à l’ancien terminus Porte de la Chapelle, on n’a pas dégagé quelques centaines d’euros sur les milliards qu’aura coûté le prolongement pour installer UN siège !

6. Les usagers de la Gare du Nord habitant ou travaillant dans le quartier n’ont pas digéré l’escroquerie dont ils ont été victimes il y a une dizaine d’années, quand les billets terminus en gare du Nord (pareil pour les autres gares) ont été supprimés, avec obligation d’acheter un billet couplé train + métro dit « section urbaine ». En outre, ces billets obligent à utiliser le métro et non le bus. Dans le cas de Marx-Dormoy, au lieu de prendre le 65, direct et rapide aux heures creuses, il faut prendre le métro n°4 pour 3 stations, puis emprunter l’interminable couloir de Marcadet-Poissonniers, en se tapant une publicité tous les deux mètres de chaque côté, puis la ligne 12 pour une station, tout ça pour ne pas se faire arnaquer d’un billet qu’on nous a forcé à acheter. Autre escroquerie, quand vous avez une carte orange et que vous voulez dépasser votre zone, depuis quelques années, il faut payer le trajet entier, encore pire avec le passe Navigo qui permet même de vérifier si vous êtes descendu ou non pour re-valider. Avant, on ne payait que le dépassement [4]. Les adultes des classes populaires ont accepté ça sans broncher, mais sans doute leurs enfants ont-ils entendu leurs récriminations, jour après jour, depuis des années… Le 7 octobre 2007, nouvelle augmentation cachée de la SNCF : le tarif « billet séjour » dont toute personne pouvait bénéficier auparavant, et qui permettait une réduction de 20 % à condition de rester sur place la nuit du samedi au dimanche, a été brutalement supprimé (du moins sur la région Bourgogne que je fréquente, mais j’ai pu constater qu’elle existait encore sur d’autres destinations). Augmentation brute de 20 %, non comptabilisée dans l’indice des prix, pour ces utilisateurs occasionnels trop vieux et trop jeunes pour bénéficier d’autres tarifs réduits. Et tant pis pour tante Ursule, qui devra désormais se contenter de visites encore plus espacées de son neveu chéri. Vous avez dit service public ? Aucun média n’en a rendu compte, mais ils ont été un peu plus nombreux, en avril 2008, à rendre compte de la tentative de suppression de la carte famille nombreuse. Comme dit l’autre : « à nous de vous faire préférer la voiture polluante » ! Tout cela doit être remplacé par une « politique commerciale », ce qui veut dire en clair, accepter d’ouvrir un compte « maximachin », et de se faire pourrir encore plus la vie par des courriels publicitaires, des spams, etc., tout cela contribuant à l’emballement du coût de la vie…

7. Enfin, cerise sur le gâteau, depuis plusieurs années, sur les quais des stations de RER E et B, depuis la gare du Nord ou Haussmann jusqu’en terminus de réseau, est diffusé sans aucune interruption, le programme d’une radio commerciale privée, informations et publicité comprises, en l’occurrence RFM. Le volume est suffisamment élevé pour qu’une personne normalement constituée ne puisse plus se concentrer sur aucune autre activité intellectuelle, par exemple lire un livre. Vous me direz : « Quelle importance, puisqu’il s’agit uniquement de l’attente du train ? » Je vous répondrai que, si l’on rate un train en soirée, et que le train suivant est annulé, ce qui, si l’on est un utilisateur quotidien, vous arrive au moins une fois par semaine, cela entraîne entre quinze et trente minutes d’attente sur le quai. Trente minutes, quand on a entre les mains un livre passionnant et dans les oreilles une ritournelle dont on n’a aucun moyen de se protéger, certains spécialistes de la torture n’auraient guère imaginé plus sadique comme conditionnement. De plus, la radio choisie est RFM, une radio privée qui appartient sans doute encore au groupe Lagardère, ce qui rend inutile toute critique… Permettez-moi cette citation de Paul Virilio (La vitesse de libération, Galilée, 1995.)

« À l’époque où chacun s’interroge à juste titre, sur la liberté d’expression et le rôle politique des médias dans notre société, il paraît souhaitable de s’interroger aussi sur la liberté de perception de l’individu et les menaces que fait peser sur cette liberté, l’industrialisation de la vision, et de l’audition ; la pollution sonore se doublant le plus souvent d’une discrète pollution de notre vision du monde par les divers moyens de communication.
Ne conviendrait-il pas dès lors d’envisager une sorte de droit à la cécité comme il y en a déjà un à la surdité relative, du moins à la baisse du niveau sonore dans l’espace commun, les lieux publics ? »

Les gens qui ont décidé d’obliger les usagers de la Gare du Nord à écouter la radio d’un vendeur d’armes, ou qui ont laissé faire [5], sont sans doute parmi les premiers à s’offusquer des émeutes. Quant à moi, quand on me parle de violence et de délinquance, j’ai tendance à étendre le concept, et à chercher des solutions. Je sais bien que l’on va me traiter de doux rêveur politiquement correct. Je ne nie pas que nous sommes dans une époque de brutalisation. Je me souviens du drame du stade du Heysel en 1985. Certes, on peut, au café du Commerce, gloser sur la sauvagerie des supporteurs de football comme sur celle des jeunes usagers de la Gare du Nord. Un commentaire pourtant m’avait marqué : si les sorties du stade avaient été protégées par des larges colonnes de béton situées devant et non sur le côté des portes, les gens ne se seraient pas écrasés les uns les autres, car les colonnes les auraient protégés. Du lien entre urbanisme et urbanité… À voir s’accumuler ces gouttes d’eau, on ne s’étonne pas que le vase déborde. En résumé, après avoir laissé hurlé les loups, si vous voulez réduire le nombre d’émeutes, construisez des gares plus respectueuses des flux de voyageurs, de nouvelles sorties, utilisez un matériel plus adapté, encouragez la SNCF et la RATP à rester des fournisseurs de transports et non des fournisseurs de clients pour des centres commerciaux ou de « cerveaux disponibles » pour Monsieur Lagardère [6].

8. En 2010, l’avènement de la « Carte Bourgogne liberté » permet à nouveau d’obtenir des tarifs réduits pour les simples mortels qui ne sont ni bambins ni vieillards. Las, l’incapacité congénitale à la communication des décideurs de la SNCF a encore frappé, et la carte ainsi que les distributeurs de tickets indiquent que les tarifs réduits sont de – je cite – « - 25 % la semaine », et « - 50 % les WE, fêtes et vacances scolaires ». Pourquoi ne pas utiliser le mot précis « jour férié » au lieu de la notion imprécise « fêtes » ? Et qu’est-ce que peut bien vouloir dire « la semaine » ? Est-ce que la SNCF dans un souci de réconciliation nationale et d’égalité accorde aussi la réduction de 50 % pour les fêtes religieuses juives, musulmanes, hindouistes, etc. ? Voire dans un souci d’accueil fraternel de nos amis étrangers installés en Bourgogne, sur présentation du passeport, la même réduction pour la fête nationale de leur pays ? Et les fêtes laïques ? Un Français guyanais installé de même en Bourgogne bénéficie-t-il du tarif de 50 % le jour de la commémoration de l’esclavage dans son département d’origine (10 juin) ? Bref, cela devrait être indiqué en français et non dans cette langue imprécise, et sur la carte elle-même (et non dans un règlement introuvable sur Internet). Je suppose que la notion de fin de semaine signifie comme c’était le cas auparavant tout séjour incluant la nuit du samedi au dimanche sur place, même si l’on part le jeudi soir ; mais pourquoi ne pas le dire en clair ? J’en profite pour signaler que sur un TER Bourgogne pris à Paris en octobre 2010 un jour de grève fort perturbé, j’ai encore entendu une annonce complexe en français sans un seul mot dans une autre langue… Quand on sait la popularité touristique de la Bourgogne. Vive le progrès ! En 2012, je fais l’acquisition d’une nouvelle « carte Week-end » de la SNCF, qui fait plus ou moins doublon avec ladite « Carte Bourgogne liberté ». Eh bien, croyez-moi si vous voulez, mais cette « carte Week-end » stipule bien que les week-ends incluent soit la nuit du vendredi au samedi, soit la suivante ! La prochaine fois qu’un contrôleur fait son malin avec moi, il entendra parler du pays !

P.S. 1 Le 14 août 2007, scène de la vie quotidienne : sur le quai du RER B (et D), une annonce en français, voix masculine : « le trafic est interrompu en direction de Mitry-Claye et de l’aéroport Charles-de-Gaulle, pour cause de voies encombrées à La Courneuve-Aubervilliers. Nous vous tiendrons informés. » J’attends plusieurs minutes un train qui va vers le sud, car j’ai cette chance. En plein moins d’août, je vous laisse imaginer la quantité de touristes non francophones paniqués, effarés, qui se demandent s’ils vont rater leur avion. Pas la moindre annonce en anglais du même message. Par contre, deux longues minutes complètes de la vieille annonce « attentif ensemble » sur les bagages abandonnés, avec l’insupportable voix féminine sirupeuse – comme si la SNCF tenait absolument à ce que l’usager fasse le rapprochement entre annonce futile et voix féminine – longuement traduite non seulement en anglais, mais aussi en allemand, en italien, espagnol, lituanien, espéranto, arabe, japonais, lichtensteinien, et en merdant, car indispensable pour les touristes. Je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment, moi qui voyage beaucoup et qui m’étonne de la serviabilité des gens dans la plupart des pays, j’ai profondément HONTE d’être Français, d’être ressortissant du pays soi-disant le plus touristique du monde. Quoi ? toute cette thune que les touristes paient en taxes diverses et qui contribue à notre prospérité, ne sert pas à financer le léger surplus de salaire nécessaire pour que le préposé (masculin) qui tient le micro à la Gare du Nord soit capable de traduire même dans un anglais pourri ses annonces minables ? Dans quel pays vit-on ?


P.S. 2 Puisqu’il est question des touristes (mais aussi des Parisiens), j’ai noté très exactement fin février 2013, que la SNCF a mis fin à un déficit flagrant d’information sur l’accès aux quais. Expliquons-nous : cette ligne tournicote au sud de Paris, au point que son terminus par Paris Est rejoint à Versailles-Chantiers la branche Ouest dont le terminus est à Saint-Quentin en Yvelines. Les terminus des lignes affichés jusqu’à présent par la SNCF sur les pancartes d’accès aux quais ne proposaient que des noms aussi ésotériques pour des touristes que « Saint-Martin d’Étampes » ou « Dourdan ». Voyez cette photo prise à la Station Saint-Michel en mars 2013 :
Panneau RERC à Saint-Michel
Imaginez la belle jambe que ce genre de pancarte peut faire à un touriste russe qui cherche à relier la Gare d’Austerlitz au Champ de Mars ! Il aura donc fallu attendre février 2013 pour qu’enfin des pancartes toutes neuves soient installées d’abord à la station Champ de Mars (photo ci-dessous). Un rond de cuir du bureau des pancartes de la SNCF a dû avoir une inflammation subite du cerveau pour enfin pondre quelque chose d’utile ! En 2014 je remarque que la nouvelle signalétique de la station Châtelet-les-Halles indique enfin, en gros, les mots « Nord » et « Sud » sur les pancartes de directions. Bravo !
Panneau RERC à Champ de Mars
J’ai constaté cela lors de mon reportage sur Zazie dans le métro, le film de Louis Malle. J’ai eu à passer à plusieurs reprises à cette station Champ de Mars, et à renseigner des touristes qui se demandaient la même chose que moi, s’il fallait aller sur tel ou tel quai ? J’avais regardé en vain les panneaux. Heureusement, comme j’étais en « reportage », j’avais un plan de Paris avec moi. Une semaine plus tard, repassant au même endroit, je tombe sur ces nouvelles pancartes ! Tout arrive ! Dans cet article, vous trouverez de nombreuses considérations et photos sur les gares parisiennes et le métro.

- Voir nos articles sur des sujets proches :
- « Le juke-box de l’indignation : l’affaire bidon du RER D ».
- « Vols de Vélib & « Théorie de la Vitre cassée » »
- « Une femme agressée dans le métro : usagers tous coupables ! »
- « Signalisation des horaires de bus, un cas clinique »
- Du « manspreading » à l’« editocratespreading »

Par Lionel Labosse, le 28 mars 2007, remis à jour régulièrement.


© altersexualite.com, 2007.
Cet article fut repris sur plusieurs sites, un blog d’une section locale du P.S., aujourd’hui disparu (sans mon autorisation, révélateur du respect du droit d’auteur en vogue dans ce parti), Bellaciao (avec mon autorisation et sur ma proposition), ce blog (sans mon autorisation et sans lien direct sur mon site, ce qui constitue un vol) ; et il fut mis en lien sur des blogs prestigieux, ce qui m’avait valu un nombre de lecteurs impressionnant pour un site qui venait d’être créé ! Plusieurs autres sites qui l’avaient repris ont disparu depuis, et d’autres buzz médiatiques ont coulé sous les ponts ! Je le retrouve aussi dans un commentaire d’un article d’AgoraVox, comme quoi n’importe qui publie n’importe quoi n’importe comment !
- Photo de Thierry Lafaye.


[1Nous ne sommes pas au bout de nos peines : « Et, pour ses 170 ans, [la gare Saint-Lazare] s’offre un beau lifting : le projet « Une nouvelle gare en perspective » prévoit, pour la fin de l’année 2010, la construction de trois niveaux et plus de commerces » : voilà ce qu’on peut lire en page 16 du n° 13 du journal du Conseil régional d’Île-de-France (oct 2007). Conseil à majorité « de gauche », faut-il préciser ! Et pour la gare de l’Est et Montparnasse, le lifting a également déjà eu lieu…

[2Sur la question de la transformation des usagers des gares en consommateurs, il aura fallu dix ans aux journalistes du Monde pour arriver au constat que je faisais en 2007 dans cet article. Voyez leur article du 16 mars 2017 : « Dans les gares, des voyageurs devenus, malgré eux, des consommateurs ».

[3Sans doute une façon pour l’ancienne majorité municipale d’humilier un poète communiste tout en rendant du bout des doigts un hommage obligatoire au poète de la Résistance

[4En septembre 2012, on apprend que le Conseil Régional a négocié la fin de cette escroquerie, en même temps que le « dézonage » consistant à ouvrir l’ensemble du réseau francilien à tous les abonnés de n’importe quelle zone. Reste à réduire le nombre de zones. Rappelons que le Grand Londres est divisé en deux zones, contre 5 pour l’île de France.

[5Cela s’est fait à l’époque où le ministre des transports était un communiste, Jean-Claude Gayssot. Sans commentaire.

[6Nous ne sommes plus des « usagers », mais des produits vendus aux annonceurs par la SNCF et la RATP. Cf. l’article de Jean-Louis Sagot-Duvauroux dans le Monde Diplomatique.

Messages

  • Bravo pour cet article qui montre bien les incohérences des politiques publiques. Et certains disent qu’il n’y a plus de classes sociales. Transports à deux vitesse, justice à x vitesses, santé à deux vitesses...

    Salutaire en ces temps ou la peste brune montre son nez ....

    • Analyse très fine et très poussée/documentée par l’expérience au jour le jour, et précieuse pour un provincial autrefois banlieusard Drancy, Aulnay, etc - qui constate qu’avant c’était pas mieux mais qu’aujourd’hui c’est pire pour tous ces "braves gens qui paient honnêtement leur billet" (suivez mon oreille radiophonique !)

  • Bonjour,
    voici une excellente analyse architecturale et socio-économique de la Gare du Nord et de ses abords dont je suis également utilisatrice.
    Vous devriez transmettre ce remarquable travail à :
    - responsable transports urbain chez Delanoe,
    - Jean-Paul Huchon (au conseil régional me semble-t-il)
    - à la Direction de la RATP et de la SNCF,
    et aussi chez Mme Royal, M. S et M. Bayrou !
    bien cdt
    C.GAIS

  • Extrêmement intéressant votre témoignage. On apprend toujours des choses intéressantes quand on écoute les utilisateurs, ceux qui ont l’expérience.

    Et je remarque que c’est toujours la réaction, à la goutte d’eau qui fait déborder le vase, qui choque… les gens ne sont pas choqués par la goutte d’eau, alors qu’ils devraient l’être par le vase qui est plein et qui va déborder, craquer, éclater, exploser.

  • Bonjour,

    je m’occupe du site betapolitique.fr

    Votre article est fantastique et j’aimerais savoir si vous nous laisseriez le publier ?

    Cordialement,

    Bastien Gentil

  • Bravo pour cette analyse urbanistique.

    Il semble effectivement qu’avec quelques aménagements, la situation de cette gare pourrait être modifiée.

    Je vous encourage comme un autre commentaire ci-dessus à faire profiter les décideurs et les journalistes de cette analyse.

    • Parce que vous croyez que je ne l’ai pas fait ? Chaque fois que j’envoie une proposition d’article à un journal (je ne citerai pas de titres), on me répond rarement, ou une réponse polie (à part Le Monde Diplomatique, qui a au moins le mérite d’argumenter son refus, ce qui est méritoire, car les journaux reçoivent, il faut le comprendre, des milliers de propositions de contributions !) disant qu’on a déjà tout plein d’articles sur le sujet. La vraie raison c’est que ces journaux ne souhaitent publier que des articles signés par des gens connus. Le hic c’est que quand on est un "gens connu", on ne prend plus les transports en commun. Mais pour parler à la TV des émeutes dans les transports, il faut être un de ces "gens connus". CQFD.

    • Pareil... Mais de toute façon, les média, presse écrite, moins que TV, mais tout de même, sont à la botte, ce qui fait réellement réfélchir, comme ton article qui, tiré du vécu suis une argumentation intellectuelle qui n’a rien de sommaire au contraire... c’est trop pour un journal.... L’huma peut-être et encore... sinon la prop. de BETAPOLITIQUE, excellente, ce n’est que comme cela que ce type de propos peuvent se diffuser ! Alors courage, et continue !!

  • Excelente analyse !
    Maintenant je comprend mieux et cela grâce à vous.

  • 20 ans après un bref mais interminable séjour en banlieue nord (station "Sevran-Beaudottes" pour les connaisseurs), les larmes me montent encore aux yeux quand j’entends parler de la Gare du Nord et du réseau banlieue qu’elle ... dessert.

    Le mépris s’étale dans tous les détails.

  • Merci pour ce moment d’intelligence rare.

  • Plus d’info sur le sujet, en un billet, que ce que l’on apprendra jamais de la télé.

    Voir en ligne : Aïe ! tech

  • Bonjour à tous,

    Je ne suis pas Parisien, cependant j’ai déjà lu certains articles sur les aménagements urbains et leurs conséquences sur le comportement.

    Je me permets de vous transmettre ce lien qui va dans le même sens que cet article très intéressant :

    http://dissidence.libre-octet.org/apprendre/espace_urbain.html

    Bonne continuation à l’auteur.

    PéKa

  • Merci Lionel,

    Membres de conseils de quartiers près de la gare du nord, et accessoirement voisins du QG de campagne du Ministre, nous avons cherché à comprendre les sources de ces évènements inquiétants, à défaut d’avoir pu agir pour les prévenir.

    Excellente analyse, qui apporte bien plus que beaucoup d’articles (auto-censurés ?) de supposés professionnels.

    A voir aussi, les articles dérangeants d’Indymedia sur le sujet.

    Gilles,
    Faubourg Saint-Denis, utilisateur de la gare

  • J’ai écrit il y a quelques années à la SNCF pour me plaindre de la diffusion de pubs à gogo sur les quais...

    Voici la réponse que j’ai eue :

    "Bonjour,
    j’ai bien pris connaissance de votre message
    En effet dans le cadre de la mise en place de la nouvelle référence qualité Transilien SNCF, l’ambition de l’entreprise avec l’aide du Syndicat des Transports Parisiens (autorité organisatrice des Transports en Ile de France) est de changer radicalement l’ambiance des trains et des gares.

    Ainsi, dans les gares référencées, la radio RFM est diffusé sur les quais. Cette station du groupe Europe 1, partenaire de la S.N.C.F. par le biais de France Rail Publicité, a été choisie pour son audience grand public. Il s’agit donc d’une radio qui diffuse des musiques pouvant contenir à tous les goûts.
    Cordialement
    SNCF ILE DE FRANCE "

  • Bravo et merci pour cet article qui dévoile de façon implacable un des nombreux aspects de cette "France à deux vitesses". Etant provincial, je me souviens avoir dû il y a quelques années me rendre à Villepinte pour raisons professionnelles, via la Gare du Nord et le RER jusqu’à Aulnay Sous Bois où m’attendait le confort douillet d’un hôtel bas de gamme... Oh, je connaissais déjà Paris et sa banlieue, mais en Gare du Nord j’avais déjà l’impression d’être bien loin de la "Ville de Lumière". Un adjectif m’obsédait alors : inhumain. Et le petit provincial qui avait jadis été émerveillé par cette ville dont il n’avait vu que les "bons" côtés fut saisi d’un malaise qui lui tarauda les entrailles, il regardait régulièrement par dessus son épaule et se fit une promesse : "le premier qui m’emmerde, je lui balance mon coude en pleine tronche !"

  • Je suis un radical dans le domaine des transports, et favorable a des gares complètement différentes, qui devraient être relaxantes et non l’inverse, aussi, je ne peux que apprécier cet article, auquel je souhaite apporter quelques bémols techniques, tout particulièrement a propos de la création de gares supplémentaires dans Paris, dont le souhait est bien sur louable. Mais ceci n’est pas techniquement simple, car il y en a deja trop. Le RER est un train régional, pas urbain. Les gares actuellement desservies remplacent des gares qui existaient du temps des premiers trains. Sans doute que ces gares étaient deja à l’époque placées dans les quartiers où se situaient les personnes aisées, ayant de métiers de classe élevée, ce qui explique ce que vous décrivez avec justesse. Pour rajouter des gares, il faudrait multiplier les voies, de facon a créer des services omnibus et des semi-directs en parallèle, ce qui se fait deja en extérieur. Mais en souterrain, le cout serait colossal.
    Idem sur les modèles de trains, le constat est juste, mais les choses ne sont hélas pas si simples. Les rames du RER D appartiennent à la SNCF, ce qui signifie qu’elles ont des contraintes issues de l’immobilisme de cette entreprise, qui entre autres a un réseau issu du temps des trains longue distance. Ces réseaux sont aujourd’hui utilisés par des trains de banlieue, chose pour laquelle ils n’ont jamais été conçus, et leur gestion est toujours basée sur des principes de fonctionnement issus de ces temps anciens. Je le regrette autant que vous, mais les choses ne changeront pas comme ça... Les rames du RER B ne sont pas nécessairement plus modernes, mais la différence c’est qu’elles sont conçues spécifiquement pour cet usage. Et le fait de n’avoir qu’un seul étage limite aussi la capacité.
    Il y a autre chose qui m’énerve un peu. Encore une fois, je répète que je suis d’accord avec vous, mais n’oublions pas la province. Ces problèmes sont plus visibles en IDF du fait de sa population et de son exposition médiatique, mais c’est encore pire en province, et personne n’en parle. Dans celle-ci, les gens n’ont pas à se plaindre de tarifs en légère augmentation, ils ne peuvent tout simplement pas les emprunter car ils sont hors de prix. Et de toute façon, a moins d’avoir la chance de devoir effectuer des trajets entre deux centres de villes avec gare importante, le temps de trajet et la fatigue peuvent être bien pire que ce que vous connaissez. Mais qui en parle ? Ces problèmes ont également été cités lors des émeutes de 2005. Mais pourtant, dans bien des quartiers de villes de province, il y aurait bien plus de raisons pour que des émeutes aient lieu (ce n’est pas un appel à le faire, faut-il que je précise que c’est ironique ?). La question du service minimum est un exemple criant : les politiques se révoltent contre les grèves qui pénalisent les usagers, mais qu’attendent-ils pour dénoncer le fait qu’en de nombreux endroits, ce que vous connaissez pendant la grève est là-bas la situation normale ? Donc, si on veut du service minimum, prenons-le au mot !
    Enfin grâce à vous j’ai eu l’explication concernant les dépassements de zones : je me souvenais bien, étant enfant, d’utiliser ce mécanisme, et je trouvais bizarre de ne plus le retrouver lors de mes derniers usages du réseau francilien... Maintenant je sais pourquoi...

    Voir en ligne : Lien vers un petit commentaire expliquant quelques contraintes techniques.

  • L’horreur au quotidien...Moi aussi, depuis 18 ans : les grèves, les travaux, les retards, la "novlangue"par hauts-parleurs dans les trains et sur les quais pour bien conditionner le voyageur en lui injectant de petites giclées de stress matin et soir, qui répétées de jour en jour, finissent par lui faire "péter un cable"...
    Il faut y ajouter la puanteur des viénoiseries huileuses, l’arrogance de ces policiers dont l’uniforme ne parvient pas à masquer l’incompétence, ceux là même qui se mettent à 10, main sur la matraque, pour contrôler celui ou celle qui n’a pas eu le temps de renouveler son abonnement le premier jour du mois : normal, est un délinquant dangereux celui qui a craqué au bout de 30 mn de queue au guichet et pris malgré tout son train pour garder son boulot...
    Egalement ces jeunes sans le sous qui contemplent les boutiques de chaussures de sport à 250 euros la paire de pompes....n’est ce pas de la provocation que de les achalander ainsi ?
    Si nous n’y prenons garde, si nous ne réformons pas profondément la société pour la rendre plus humaine,nous allons vers une guerre civile...J’ai 50 ans, mais je ne serai pas le dernier sur les barricades.

  • Trés bon texte, merci.
    Et pour la radio je n’en reviens toujours pas qu’on puisse nous imposer ça, c’est rageant !!

    Quant à ce qui c’est passé j’avais vraiment le sentiment, du peu que j’ai vu, que les policiers souhaitaient l’affrontement, le spectacle de la force.

  • SUITE GARE DU NORD Representants du personnel

    Les representants du personnel de la gare du nord menent des actions contre les politiques imposées par leur direction. Il leur manque incontestablement l’analyse et le poid des usagers pour avancer collectivement. L’article proposé par Lionel est exeptionnel par sa précision dans l’observation qu’il porte sur l’exploitation du système et surtout par les inconhérences qu’il soulève. Il est temps que l’on se rencontre pour travailler ensemble. Nos actions en interne (Comité d’établissement,...) n’ont pas d’échos et sont de suite ou étouffées ou marginalisées... Nous avons besoin de construire des liens durables pour faire cesser ces mesures qui sont mise en place et s’attaquent à nos conditions de vie et de travail....

    Pour exemple

    La Gare du Nord est exploitée en toute illégalité par rapport au code de l’environnement lois 1977 et sans autorisation. La certification affichée par la SNCF concerne l’exploitation des lieux et non pas les régles préconisées par la législation en matière de sécurité du site. 180 chefs d’établissement SNCF sont ainsi hors la loi et risquent 2 ans de prison avec sursis et de 15 à 150 000 Euros d’amende sur le simple fait d’exploiter sans l’accord préfectoral (voir article droit de réponse sur dernier N° La vie du rail - développement durable à la SNCF)

    Deux faits entre autre que nous avons combattu

    En Janvier 2006 un agent SNCF MOINY (militant syndical) est décédé en gare routière de Paris Nord lors d’un incendie dans des bungalows installées sans autorisation (DRIRE), ni permis de construire (DDE). Des milliers d’installations illégales sont exploitées sans accord préalable ou contrôles conformes de la préfecture (incendie entre autre). S’aviez vous qu’ainsi la SNCF ne paye pas les impôts ICPE (installations classées protection de l’environnement)sur des millions de m2 !!!

    En Août 2006 suite aux décés sur la légionellose en gare d’austerlitz (1 usager et 1 cheminot) , les élus ont fait arrêter les tours aéroréfrigés de la gare du nord (toujours immobilisés actuellement !) Motif : non déclarées , non conformes, non entretenues et devenues dangeureuses puisque les % trouvés de rejets dépassaient les seuils. POSONS NOUS LA QUESTION : Que peut’il se passer en cas d’incendie grave dans les sous sol de la gare et boyaux du RER en matière d’évacuation des fumées ?

    Nous avons déposé une plainte (partie civile) pour mise en danger de la vie d’autrui contre le directeur de l’époque qui n’est autre que le directeur DRH national actuel. nous avons interpellé à plusieurs reprises les autorités (prefet,....)

    Il est temps qu’usagers et personnels des transports unissent leur energie pour stopper ces situations qui restent trop souvent des sujets émotionnels relayés aux oubliettes trop rapidement.

    Ci joint notre communiqué de presse suite aux incidents et nos coordonnées sudrail.parisnord@wanadoo.fr 39 bis Boulevard de la chapelle 75010 PARIS

    Paris le 29 Mars 2007

    COMMUNIQUE INCIDENT EN GARE DU NORD.

    Suite à un contrôle de titre de transport par la RATP des affrontements se sont déroulés le 27/03/2007 en gare du nord

    Ce contrôle a rapidement dégénéré : d’une interpellation musclée à 16h30, en affrontement dés 16h40, puisque le service d’ordre sur place a utilisé des gaz lacrymogènes dans les sous sol de la gare du Nord ; pour repousser une foule qui contestait cette arrestation. Le climat d’émeute relayé par des casseurs s’est propagé dès 20h00 et poursuivi jusqu’à une heure du matin.

    Ce type d’incident, qui s’enchaîne à partir d’interventions disproportionnées, se sont déjà produits dans cette gare et nous les avions dénoncé.

    Les rapports dégradés, police et citoyens et l’exploitation politique du tout sécuritaire, accentuent incontestablement ce risque d’émeute dans nos gares qui restent des lieux de vie et d’échange essentiels. Les attaques dirigées contre les services publics et les cheminot (e) s favorisent aussi de nouvelles dualités au quotidien avec certains usagers excédés par la dégradation continue de l’offre qui leur est faite. L’exploitation politique immédiate des candidats présidentiables potentiels et d’autant plus lamentable que certains, d’entre eux, incitent l’électorat sur ces logiques d’affrontement et dénigrent le service public

    Les cheminot(e) s ont assuré le service public. Cinq cheminots ont été blessés dans l’exercice de leur fonction, d’autres ont pu se retirer et se réfugier pour éviter les agressions. De nombreux agents SNCF malgré cette situation, ont assuré la continuité du service et permis ainsi aux usagers de transiter et d’évacuer la gare.

    La direction SNCF n’engage pas sa part de responsabilité. Lors d’une rencontre le 28/03/2007 à 16h la direction SNCF a finalement reçu les organisations syndicales qui très tôt l’avaient pourtant sollicité. La Direction veut nous rassurer sur l’intérêt qu’elle veut porter pour coordonner plus et mieux le recours et l’intervention des forces de police.

    SUD rail exprime une réelle inquiétude devant cette concentration excessive des forces de sécurité qui filtrent, contrôlent et conduisent aux interpellations qui dérapent. Cette émeute est aussi révélatrice de ce climat de tension que nous subissons dans notre quotidien sur de nombreuses gares qui laisse apparaître les symptomes assimilables à la crise des banlieues.

    La direction SNCF de Paris Nord n’apporte pas de réponse sur la part de responsabilité qui la concerne et ne contribue pas à prévenir et contenir des situations qui deviennent explosives. Elle s’abandonne à cette logique du tout sécuritaire au détriment de ses obligations citoyennes de service public. Bien au contraire elle supprime les moyens réels humains nécessaires pour assurer de nombreuses missions.

    Les instances représentatives (CPRS) chargées d’analyser, de proposer des mesures de prévention sur la sûreté ne sont plus convoquées ou écoutées par les dirigeants SNCF.

    Les installations complexes de la gare (internationale) du nord ne répondent pas aux obligations légales qui imposent une étude d’impact, des études de dangers dites ‘catastrophe’ et ne sont pas validées par le préfet. La présence des galeries marchandes, dans ces lieux de fort transit, peut rendre critique la sécurité générale des usagers. Dans ces conditions ces risques d’exploitation sanitaires et industriels, pourraient entraîner une catastrophe si une émeute venait à propager un incendie général dans ces galeries souterraines.

    SUD rail demande que l’exploitation conjointe avec la RATP ou les missions fixées avec les autorités publiques qui ont des missions de sûreté soient soumises à débat dans nos instances et ne restent pas des domaines ‘top confidentiel’

    SUD rail dénonce inlassablement cette mise en danger permanente du personnel et l’absence de consignes claires pour gérer les situations exceptionnelles que pourraient subir les usagers.

    SUD rail Paris Nord..