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Du 13 au 20 novembre 2007, au Rex

13e Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris.

Spécial transgenre / intersexualité

lundi 19 novembre 2007, par Lionel Labosse

Le cinéma n’est pas a priori ma tasse de thé, mais parfois une fringale d’images me prend, et le thème choisi cette année, très altersexuel, m’a alléché. J’ai fait mon choix en fonction de mes envies et de mes possibilités, sans oublier les problèmes de transport. Voici quelques impressions, en tout cas avec un goût de revenez-y, et le regret de n’avoir pas pu en voir davantage ! La question a été posée pendant un débat, d’intégrer le mot « transgenre » à l’intitulé du festival (en attendant un « Festival du film altersexuel » !) C’est une fausse bonne idée, car un titre de festival c’est comme une marque, et changer de titre fait courir le risque de perdre une partie de la clientèle. Mieux vaut garder le titre, et ouvrir le contenu… À ce propos, espérons que le label « Isidor » récemment attribué à Des hommes et des dieux, d’Anne Lescot et Laurence Magloire permettra sa diffusion dans une prochaine édition du festival. Il est significatif que ce film ait été présenté et primé partout, sauf en France. C’est qu’on a du mal à comprendre, ici, que les homos et les transgenre, c’est la même chose dans la plupart des cultures. Il n’y a que dans les pays riches occidentaux qu’on mette à ce point les homards que nous sommes dans des casiers étanches ! Mais c’est en train de changer… [1]

1. XXY, de Lucia Puenzo

Soirée d’ouverture : XXY, film argentin / espagnol présenté en avant-première (sortie prévue le 26 décembre). Il s’agit du premier long-métrage de la réalisatrice Lucia Puenzo. C’est beau, et l’on n’a pas choisi le point de vue larmoyant. Le personnage principal, Alex (difficile, dès qu’on évoque l’intersexualité, de jongler avec la grammaire française, si sexuellement normative !) vit avec douleur sa puberté. Ses parents ont refusé de lui assigner un sexe à la naissance, laissant les choses se faire à l’adolescence. Elle prend des hormones féminines, mais c’est à l’occasion du passage dans la maison familiale du fils d’amis, que se révèle son désir plutôt mâle et homo pour ce garçon pas très viril. Elle cesse donc les hormones. La scène clé est fort amusante, puisque le garçon, après avoir hésité, accepte la proposition de dépucelage (très latino-américaine) de la « fille » de ses hôtes, mais, au moment décisif, il se fait retourner d’autorité, et endure ce qu’il croyait donner ! D’où deux réparties cinglantes. Chez les parents de la « fille » : « j’ai vu ta fille en train d’enculer le fils de tes invités » ; chez lesdits invités : « Ça me rassure, j’avais fini par te croire pédé ! ». Je suis un peu déçu qu’on se limite à ces quelques jours décisifs, mais le sujet étant rarement traité au cinéma, c’était sans doute déjà suffisamment lourd à faire accepter, et puis sur le plan éducatif, cela fait de ce film un bon « support » pédagogique permettant l’identification des élèves à une scène-clé vécue par tout adolescent de manière de toute façon monstrueuse ! Quelques scènes permettent d’évoquer le passé, par exemple lorsque le père rencontre un « homme » qui n’a pas eu la chance qu’on le laisse choisir, et qui a dû se faire opérer pour une « réassignation » à l’adolescence. La scène où Alex est presque violé par des jeunes gars qui veulent juste voir son sexe, rappelle que ce que subit le personnage est du même ordre que l’homophobie. La réalisatrice joue avec le voyeurisme des personnages et du spectateur, puisque la problématique montrer / cacher est au centre des relations d’Alex avec les autres. Elle finit par montrer à son copain d’un jour ce que le spectateur ne verra pas…
- À noter que dans la nosologie normative, le terme XXY désigne la Maladie de Klinefelter, dite aussi syndrome de Klinefelter, cas de trisomie, tandis que l’anomalie XYY est dite syndrome de Jacob. Les chirurgiens se livreront sans vergogne à la chirurgie plastique (correction de la gynécomastie ; exérèse des testicules atrophiques, etc.). Tout cela fait froid dans le dos…

2. La Nuit Gay Canal +

« La Nuit Gay cette année tend à prouver qu’au quotidien aujourd’hui les frontières se floutent, les genres se mélangent, les étiquettes se décollent », annonçait le programme, en évoquant le « post-gay », « une nouvelle manière de vivre et de penser. Où les étiquettes n’ont plus d’importance, où la normalité à tout prix n’est plus un but en soi, où les ghettos n’ont plus leur place. » Le documentaire se proposait de « nous emmener aux quatre coins du monde » « pour découvrir ceux et celles qui sont à l’avant–garde de ce mouvement ». Hélas, la montagne a accouché d’une souris. On a eu droit à un collage de bouts filmés qui ne constitue pas ce qu’il est convenu d’appeler du cinéma. À Pékin, un jeune prof de français gay, qui n’a manifestement rien à dire sinon qu’il est heureux de pouvoir consommer. Cela me rappelle cette anecdote racontée dans mon Journal de bord, où, alors que j’avais été interviewé longuement comme prof militant pour le magazine Maxi, le reportage final présentait un jeune prof mignon et gay qui expliquait qu’il n’osait pas parler d’homosexualité. À Berlin, le très beau, très gentil garçon tatoué de partout qui fit la couverture de PREF mag. Son message est simple, il est gentil, il aime les gens, il milite pour qu’on n’oublie pas la capote. À Madrid, une créature trans comme on en voyait dans les années 1960 en France, comme on en voit depuis vingt ans dans les films d’Almodovar. Dans un plan, elle était filmée à côté de deux travestis à barbe, qui étaient bien plus « post-gay » qu’elle, mais c’est la transsexuelle qui plaît aux soiffards du samedi soir qu’on met au premier plan. En quoi est-ce « de l’avant-garde » ? Visite guidée de la banlieue de New York avec un « universitaire » dont on ignore toujours le sujet d’étude, puis retour centre-ville, et plans complaisants sur une créature transsexuelle dont la seule variante par rapport à la vieille tradition trans sont les grosses lèvres. En France, c’est le pompon, avec un sujet centré sur Gay Lib et sur son imposant président, dont les placards de la cuisine sont inventoriés, histoire de montrer que chez les « post-gay » du 16e arrondissement, on consomme des protéines à gonflette. On a quand même leur avis sur l’affaire Christian Vanneste, et vu les images de leur « zapping » à la Fierté gaie de 2007, redoublé par les sifflets de la salle, comble sans doute du fait des invitations de la chaîne de T.V. C’est à ce moment-là que je suis parti, car vraiment c’était trop. Ce n’est pas Gay Lib que j’avais envie de siffler, mais les réalisateurs de ce machin minable qui n’avait rien à faire dans un festival de cinéma, et Banal +. Du coup, je n’ai pas vu le court-métrage prévu après. Dommage… Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour avoir de la thune ! N’y a-t-il pas en France des intellectuels, comme Louis-Georges Tin, Marcela Iacub, Virginie Despentes, Marie-Hélène Bourcier, et bien d’autres, capables de nous informer sur les mutations du monde altersexuel ?

3. Mystère Alexina

Je n’avais jamais vu ce film de 1985 de René Féret, Mystère Alexina, avec Philippe Vuillemin dans le rôle d’Alexina / Camille. Il s’agit de l’adaptation fidèle de Herculine Barbin, dite Alexina B, ce récit autobiographique réédité par Michel Foucault. Le film est sans surprise, Vuillemin surprend dans ce rôle féminin effacé, lui qui est connu comme auteur de BD plutôt trash ! Ce serait un bon film pour aborder la question du genre auprès d’adolescents. La révélation du véritable sexe d’Alexina coïncide avec l’éveil de ses sens, parallèle évident avec le film XXY (voir plus haut), et au fond, qu’y a-t-il de différent par rapport à la découverte de la sexualité de tout adolescent ? Surtout dans un contexte puritain où, comme l’explique Alexina au médecin incrédule, les sœurs qui l’ont élevée lui avaient interdit de regarder cet endroit de son corps, chez elle et chez les autres. Comment aurait-elle pu se rendre compte qu’elle n’était pas ce qu’on lui avait dit qu’elle était ? Bref, le questionnement qu’apporte ce film me semble fondamental, et pour des adolescents, fort intéressant puisque épuré des spéculations du livre.

4. L’Ordre des mots, de Cynthia & Melissa Arra

C’est mon coup de cœur, un vrai film de vrai cinéma, tout chaud sorti de l’atelier de mixage, autoproduit par les réalisatrices, Cynthia & Melissa Arra, pas encore distribué, du « genre » que les amateurs de foot abonnés à Canal+ ont peu de chance de voir. Le film donne la parole à six personnalités transgenre ou intersexe, toutes aussi passionnantes les unes que les autres, car contrairement au machin de Canal+, les réalisatrices se sont adressées à des militant(e)s et des intellectuel(le)s.
Le titre L’Ordre des mots est bien trouvé. On peut l’interpréter à volonté, depuis l’assignation au genre imposée par le langage qui imprègne notamment la langue française (le terrorisme des accords propre à notre langue), jusqu’à la nécessité de permuter l’ordre des mots lorsqu’on fait une transition. Une seule des personnes utilise d’ailleurs la version francophone « FvH (Femme vers Homme) », alors que les sous-titres et les autres personnes utilisent la version anglaise. Il y a Maud-Yeuse Thomas, qui raconte son parcours émouvant, d’une androgynie intergenre à une identité par défaut de « MtF » (Male to Female = HvF, Homme vers Femme en V.F.). Il y a Tom Reucher, psychologue et fondateur de l’Association du Syndrome de Benjamin responsable actuel de « Transidentité », Vincent Avrons, président actuel de l’ASB, Vincent He-Say, sculpteur sur métal, l’un des fondateurs du GAT (Groupe Action Trans, qui se présente comme « FtU », c’est-à-dire « Female to Unknown », bien qu’« il » ait subi une ablation des seins (Mastectomie), dont « il » n’a pas peur de déclarer qu’il lui est arrivé de la regretter au début (cela m’a fait penser à mon tatouage, qui, au début aussi, m’avait provoqué ce genre de réaction, même si c’est moins définitif). Il y a Carine Bœuf, elle aussi fondatrice du GAT, militante LCR, transgenre « FtM », qui raconte ses entretiens édifiants avec les psychiatres qui l’ont reçue en France, ce qui nous permet de comprendre son activisme radical anti-psy. Des images d’archives de zapping sont incluses dans le film, notamment celui de Patricia Mercadier, auteur d’un ouvrage modestement publié à L’Harmattan, L’illusion transsexuelle. Il est dommage qu’on n’ait pas choisi celui dont a été l’objet Colette Chiland, qui me semble plus contestable (Voir mon article sur Changer de sexe, d’Alexandra Augst-Merelle et Stéphanie Nicot). Cela a donné lieu à des applaudissements dans la salle, ce qui me gène toujours, car c’est avec ce genre de réactions que l’on pousse des gens peu informés à lyncher n’importe quel bouc émissaire. Cela dit, le film et le débat qui a suivi permettent de comprendre le ressenti des transgenre, et expose l’incontestable retard en la matière de l’ensemble de la société française, pas seulement les psychiatres. Vincent Guillot, le porte-parole de l’Organisation Internationale des IntersexuéEs est le dernier témoin, le seul intersexué. « Il » explique en détail sa situation, comment, ne sécrétant aucune hormone (cas rare même parmi les intersexes, qui présentent, apprend-on, 75 variantes), il a été obligé d’en prendre, ce qui lui donne une apparence masculine alors qu’il se sent plutôt femme. Il a vécu longuement en couple « lesbien » avec une fille, sous cette apparence masculine, mais on le voit aussi dans le film habillé en fille…
On apprend beaucoup dans ce film, par les mots et par les images, notamment que les intersexes sont plus nombreux qu’on ne le dit (je me méfie pourtant des chiffres annoncés par les militants, comme je l’ai expliqué concernant le sida dans VIH-Sida : la vie en danger, d’Aggée Célestin Lomo Myazhiom). Pour libérer les témoins de « l’ordre des mots », les réalisatrices ont eu la bonne idée de séparer souvent les images et les paroles, ce qui permet de transformer ce qui aurait pu être des bêtes de foire en vrais personnages dont la présence irradie. Le corps a sa grammaire que la grammaire ignore. On pourra tout reprocher à ce film, parce qu’il a choisi de donner la parole à une ultra-minorité, en gros, les transgenre gauchistes ou libertaires, mais voilà qui tranche agréablement avec la traditionnelle image complaisante de la transsexuelle à gros nibards telle que l’apprécient les abonnés à Canal + (d’où l’intérêt de montrer et de nommer les cicatrices de l’opération, dans une scène d’ailleurs fort pudique). Les transgenres « FvH » sont enfin rendus visibles, et cela va faire des vagues dans les chaumières, un peu comme quand on ose parler des « prostitués » et non des « prostituées ». En effet, ce qui choque, amuse et titille, c’est toujours qu’un homme ose s’abaisser au statut de femme. Qu’une femme aspire au statut d’homme, on le méprise et l’ignore. Qu’un homme se prostitue, on préfère l’ignorer, le statut de pute étant consubstantiellement réservé aux femelles. On peut regretter que le radicalisme de ces militants leur laisse ignorer le rôle de l’éducation dans le changement des mentalités (cependant ce film est un premier pas, et je le vois fort bien introduire des débats passionnants dans les lycées). J’ai beau me démener depuis le début pour inclure la question transgenre dans la sélection HomoEdu de livres pour les jeunes, je n’ai eu qu’un seul retour d’une des nombreuses associations transgenre, par Alexandra Augst-Merelle & Stéphanie Nicot. Or s’il faut bien sûr s’attaquer aux psychiatres paléo-monolithiques et aux politiciens, il me semble, comme dans le milieu homo en général, qu’on a tort de négliger l’éducation. Je suis heureux de constater pourtant que le livre Ne m’appelez plus Julien, de Jimmy Sueur, que j’ai été le premier à défendre, commence à être cité un peu partout…
- On peut écouter l’émission BISTOURI OUI - OUI !, « la radio faite par des trans pour les trans et ... pour tout le monde ! » sur Radio Libertaire, le jeudi de 19h30 à 20h30, en alternance avec Pédérama. Bien sûr, ne cherchez pas à Paris une fréquence où des altersexuels puissent s’exprimer en dehors de la radio anarchiste, sauf à ne pas avoir de cerveau et à se réduire à pousser à la conso gay.
- Voir sur ce film l’article d’Olivier sur Psychokwak

5. Beurs Appart’

Pour se reposer les méninges, voici un petit film autoproduit par l’association L’iskander. Beurs Appart’ réunit cinq beurs dont un seul censé être hétéro, tous plus mignons les uns que les autres. Il s’agit de faire de la parodie de téléfilms, de l’humour sans prétention, et de tenter de placer une série dont ce premier épisode est une sorte de pilote. Nos jeunes amis sont à l’opposé du cliché du « beur de banlieue », et c’est réjouissant, même si on regrette que, tout en sortant des clichés, on n’ait pas évité le principal qui caractérise le « beur de banlieue » : absence totale, et même exclusion symbolique de toute personne du sexe non-mâle ! Mais je ne vais pas dire du mal, vous allez m’accuser de chercher à les provoquer pour qu’ils se vengent de moi en m’enlevant pour me faire tourner dans une veca de téci ! Mention spéciale pour Karim (l’hétéro (sic)), qui lit Proust dans le texte et cultive ses biceps, à l’instar du héros de Karim & Julien de votre serviteur. [2] La programmation de ce film au festival doit beaucoup à Rémi Lange, nouveau programmateur adjoint. Rémi Lange est par ailleurs l’auteur, entre autres, de Tarik el hob, présenté comme « le 1er film 100 % gay beur ». Voir son site : Les films de l’ange.
Ce film de 46 mn était complété de l’excellent Révolution de Xavier Diskeuve, un court-métrage de 18 mn à la Tati qui se moque gentiment du mariage gay (le couple gay reproduit les mêmes clichés que le couple hétéro).
Cerise sur le gâteau, Makbul de Huseyin Karagoz, bijou turc de 6 mn montrant Soliman le Magnifique qui livre ses pieds aux tendres soins de son esclave favori, lequel finit par boire l’eau du bassin, parfumée de pétales de roses et des rognures d’ongles du sultan …

6. Mix Brasil

Sélection de 11 films drôles et érotiques proposés par le festival éponyme Mix Brasil de São Paolo, dans une version légèrement différente de celle proposée par le festival Reflets de Marseille. Ces courts-métrages durent entre 4 et 12 minutes, et mélangent toutes les sexualités, le Brésil, pour ceux qui ne le savent pas, étant le pays le plus altersexuel du monde ! [3] Globalement, la déception était au rendez-vous. Des images de copulations parfois sans arrière-plan, l‘absence de sous-titrage, l’abus du super 8 ; mais de bons moments aussi. Quelques exemples…
Vibracall d’Esmir Filho donne aux étudiantes une idée originale d’utilisation du téléphone en mode vibreur. Très altersexuel…
Os amantes ou da incomum arte de se achar sem se perder présente de belles images de lit entre garçons, avec un montage vif. La morale est fort intéressante : un même garçon est dragué trois fois. La première fois, il s’éclipse le matin avec le contenu du porte-monnaie de son amant de rencontre. Celui-ci succombe une deuxième fois, et au lieu de se venger, fait l’amour. Nouveau vol. Jamais deux sans trois, mais cette fois-ci, au réveil, une bonne surprise attend notre héros. Moralité : le vol, comme la prostitution, permet dans un premier temps à un homo qui ne s’assume pas, de se trouver un prétexte. Je ne suis pas homo, c’est juste pour l’argent (rengaine connue). Laissez le temps au temps, c’est la morale de ce beau petit film.
Yoga profonda de Ludwig Von Papirus est un réjouissant montage de films lesbiens, très second degré, comme le suggèrent le titre et le pseudo de l’auteur. On évoque un yogi de 2500 avant J.C. sur une image anachronique autant que stylisée du Taj Mahal, pour aboutir à des images psychédéliques de gamahuchages lesbiens traitées en kaléidoscopes, qui me font penser aux tableaux étonnants de Pierre et Gilles vus à l’expo du Jeu de Paume : Exil intérieur et Celacantus.
Sexo na Casa Branca, du même, mélange des images d’archive de visites de la Maison Blanche, avec des fellations. Ça vous fait penser à quelque chose ? Un peu conceptuel.
A verdadeira historia de Bambi, du même, mêle sur l’écran des images de masturbation féminine avec des extraits volés au célèbre dessin animé… Amusant.
Rasgue Minha Roupa de Lufe Steffen montre un jeune homme en laisse qui passe de mains en mains, féminines comme masculines, en vertu d’une étiquette fixée sur son torse qui en fait un esclave consentant.
A mona do lotação d’Eduardo Mattos & Daniel Ribeiro montre l’impact d’une trans un peu chaude sur le comportement des passagers d’un bus pas trop bondé, malheureusement. On y voit une bonne sœur échanger une banane contre un gode, puis lâcher l’ombre pour la proie féminine… un peu facile.
Opera Curta de Marcelo Laffitte, montre les rapports complexes de deux filles et un travesti dans la foule carioca, lors d’une manifestation gaie. Comme dit l’autre, ça me rappelle mes vacances à Rio de Janeiro, c’est tout, mais c’est déjà ça !

Voilà tout. J’ai attendu le 23 janvier 2008 pour voir l’excellent film de clôture, Le Roi et le Clown, de Lee Joon-ik (Corée du Sud). Lire l’analyse psychologique de Psychokwak, fan de cinéma asiatique. C’est un beau film historique sur le thème ancien du « théâtre du monde », illustré entre autres par Hamlet de Shakespeare. On s’intéresse autant à la relation de la folie d’un roi ivre de pouvoir, qui rappelle Le Dernier Roi d’Écosse de Kevin Macdonald, altersexualité en plus. En effet, la relation discrète mais profonde entre l’ingénieux chef de troupe Jang-sang et le jeune acteur androgyne Gong-gil, est concurrencée par les désirs plus démonstratifs que celui-ci suscite chez les puissants, nobles ou roi. Bref, sexe et politique, encore une fois, et puis envoyons-nous en l’air, car la vie n’est qu’un théâtre, comme le suggère la belle scène finale… Un détail des sous-titres m’interpelle : le terme geisha est utilisé (et non gisaeng). Est-ce à tort ? L’article de Wikipédia ne signale pas que le mot geisha et la réalité qu’il désigne existent en dehors du Japon, pourtant il précise : « Les geisha sont le résultat de l’évolution des taikomochi ou hôkan, équivalant aux bouffons du Moyen Âge en Europe. Ainsi, les premiers geisha étaient des hommes. Au début de leur intégration aux geisha, les femmes étaient appelées onna geisha (littéralement : femme geisha). Aujourd’hui, toutes les geisha sont des femmes. » Cette remarque ne correspond-elle pas exactement à la situation du film dont l’action est en Corée au XVIe siècle ? La Corée ayant été à plusieurs reprises sous influence japonaise, qui pourrait éclairer notre lanterne ?

Lionel Labosse


Voir en ligne : 13e Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris.


© altersexualite.com, 2007


[1Dans cet ordre d’idée, voir le clip Toi t’en rêves, de Narcys.

[2Message privé destiné uniquement à Salman, Karim, Jean-Ryad, Seif et Jad : mon adresse courriel se trouve un peu partout sur le site, on cause cinéma, littérature et roll-mops quand vous voulez !

[3À propos, lisez absolument Diadorim, le chef d’œuvre de João Guimarães Rosa, qui joue jusqu’à la fin de ses 600 pages sur la confusion des sexes.

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